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Idées reçues – l'Allemagne

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Angrand, Béatrice
2006, Ed. Le Cavalier Bleu, ISBN10: 284670273X

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Dieses Buch wurde rezensiert in der Ausgabe: Documents 3/2006 

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Ce livre a fait l'objet d'un compte rendu de lecture dans le numéro : Documents 3/2006 

Rezension / Compte rendu:
Non aux stéréotypes

L'intention est louable. Mais l'opération est à double tranchant, lorsque la toute première phrase de l'ouvrage est une exclamation que l'on croyait révolue depuis longtemps : « Ah, ces Boches ! » . Mais après tout, chaque idée reçue, dès lors qu'elle est considérée comme un stéréotype, est une forme de provocation. Dans sa présentation, Béatrice Angrand précise bien que les idées reçues mêlent souvent vrai et faux. Donc, l'objectif d'un tel petit livre est bien de faire la part des choses entre sur ce que l'on sait ou croit savoir à propos de cette Allemagne méconnue, voire inconnue, où les images censées la représenter sont issues de la tradition ou de l'air du temps. On regrettera néanmoins que l'auteur ne fasse pas toujours la part des choses. Dire entre guillemets, en titres de chapitres, que « les Allemands sont un peuple guerrier » ou que « l'Allemagne, c'est le nazisme », mérite effectivement que l'on mette les points sur les i pour relativiser une telle affirmation. Mais prendre pour titre, avec toujours ces mêmes guillemets, « l'Allemagne est un pays fédéral », c'est jeter inutilement le doute sur une vérité et une réalité du pays. A plusieurs reprises, Béatrice Angrand donne l'impression de chercher la confirmation des stéréotypes qu'elle entend dénoncer ou au contraire de s'efforcer vainement de trouver les bons arguments qui réfutent les assertions les plus connues. Les Allemands ne sont pas raffinés ? A cette question, l'auteur estime que les Allemands « ont largement contribué à diffuser l'idée que la France était le pays du raffinement et que, dans ce domaine, l'Allemagne ne pouvait rivaliser ». Mais c'est aussi la faute des Français, qui, considérant le voisin comme « lourd et peu drôle », peuvent se sentir « spirituels, cultivés et raffinés », même lorsqu'ils trempent leur tartine dans leur bol de petit-déjeuner, « comble de la grossièreté » chez les Allemands. On attend le prochain ouvrage sur les idées reçues concernant les Français.
Si ces idées correspondent à la réalité historique et sociale du pays, ce livre est un portrait de l'Allemagne et de son évolution. Si ces idées ne correspondent en rien à ce qu'est l'Allemagne aujourd'hui, ce livre est un condensé des erreurs d'appréciation françaises. A chercher le grain de vérité qui excuserait le jugement hâtif des Français, on finit cependant à confirmer le dogmatisme. Certaines affirmations mériteraient débat, d'autres sont imprécises, voire fausses. Il est erroné par exemple de dire que l'économie sociale de marché a été adoptée en 1948 par le chancelier Adenauer – c'est vrai, le deutschemark date de 1948, mais Konrad Adenauer n'est devenu chancelier qu'avec la fondation de la République fédérale d'Allemagne l'année suivante. Et il est assez osé par ailleurs d'affirmer (dans un livre sur les idées reçues) que « la langue allemande souffre du peu d'attractivité des pays où on la parle ». L'Autriche et le Liechtenstein apprécieront.
François Talcy

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Idées reçues – l'Allemagne