Wirkung und Erinnerung einer Epoche
2012, Greven, Köln , ISBN10: 3774304971
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Rezension / Compte rendu:
Occupation, annexion et modernisation
Quand les troupes de Napoléon occupaient la Rhénanie
Le conseil provincial de Rhénanie (Landschaftsverband, LVR) à Cologne s'en- gage depuis vingt ans à présenter une période précise de l’histoire régionale – la 'Franzosenzeit'. Il n’y a pas de traduction officielle en français de cette expression qui regroupe les deux décennies au cours desquelles les troupes françaises révolutionnaires, puis celles de Napoléon, ont occupé les terres rhénanes.
En principe, l'expression désigne l'époque entre la fin du Saint Empire romain germanique en 1806 et la bataille des peuples de Leipzig en 1813 (Völkerschlacht), avec un arrière-goût peu favorable à la France, cette bataille ayant été un des échecs les plus cuisants de l’Empereur face à ces peuples avides de démocratie contre toute forme de tyrannie. Comme cette période a été marquée par Napoléon, certains font commencer la Franzosenzeit avec son couronnement en 1804. Le cas de la Rhénanie est un peu différent, car les troupes révolutionnaires ont libéré les populations du féodalisme rhénan dès 1794, le territoire est devenu français en 1801 avant que Napoléon n’y impose son Code Civil. Dans un premier ouvrage, publié en 2009, plusieurs auteurs avaient rappelé que les soldats de 1794 entrant dans Cologne n’avaient pas eu besoin de se battre comme à Düsseldorf, ils avaient attendu le départ des troupes autrichiennes et étaient entrés comme des libérateurs, recevant même les clés de la ville, en fait un signe de soumission, des mains des autorités locales. Ces clés existent toujours, elles sont dans un musée à... Paris. Le second ouvrage est plus spécialement consacré à la présence napoléonienne. Bien que le Rhin représentât la frontière de cette nouvelle France dessinée de part et d’autre du fleuve, les territoires de la rive droite n’étaient pas considérés comme des pays étrangers. Ceux de la rive gauche quant à eux n’avaient, aux yeux de Paris, que l’option de l’annexion, option confirmée d’ailleurs par la Paix de Campo Formio le 17 octobre 1797. Cologne a bien essayé de se présenter comme une vieille République pour calmer les convoitises françaises, mais en vain. Toutes les villes de la région connaîtront le même sort, celui d'une occupation par les troupes napoléoniennes. C’est ainsi que la rive gauche a été asservie de facto à la France, devenant même en 1802 territoire français, intégré dans un système administratif géré par Paris. Le bourgmestre de Cologne sera placé sous la tutelle d’un sous-préfet de l’arrondissement de Cologne, lequel placé sous les ordres du préfet du Département de la Roer (avec Aix-la-Chapelle pour capitale) qui recevait ses ordres des ministères parisiens – le tout sous l’égide de l’Empereur. Si l'on en croit les récits de l’époque, on ne peut que s’étonner de constater combien les Rhénans ont réagi avec sérénité à cette occupation française menée sans ménagements : suppression de la Constitution de 1396, confiscation systématique des biens culturels, destruction d'églises, introduction de billets de banque sans valeur (les assignats). Mais ils retiennent aussi que Napoléon a détruit le féodalisme et mis fin à la Kleinstaaterei, ce puzzle de petits Etats incapables de s’unir. Il a imposé son Code civil. Il a confronté les populations aux idées des Lumières et aux postulats de la Révolution. Bref, il a modernisé le pays, simplifié son administration et sa juridiction sur la base de normes et de lois accessibles à tous et non plus dépendantes de l’arbitraire impérial de Vienne. Les auteurs du second livre mettent l'accent sur des aspects moins connus de la présence française. Le chapitre consacré à la tradition du sacre carolingien relancée par la ville d’Aix-la-Chapelle pour s'attirer les faveurs de « l’autre Empereur » est d'une précision telle que l'on se met à douter des réactions de la population rhénane. D’autres chapitres, tout aussi bien documentés, font état de l’histoire régionale de l'économie dans son entrée dans la modernité ou encore des chansons populaires qui se moquaient des soldats français en guenilles, sales et mal soignés. Jusque pendant la moitié du 19e siècle, cette Franzosenzeit a même été le sujet de romans et les architectes rhénans n’ont pas hésité à s'inspirer de leurs collègues français pour construire leurs bâtiments administratifs. Un nouvel état d’esprit, la fin du Moyen Age, le début de l’ère moderne – jamais jusqu’à cette date les Rhénans n’avaient connu une réforme aussi radicale et rapide de leur administration, une évolution aussi surprenante qu'inattendue, contraignant chaque citoyen à déclarer à un officier d'état-civil naissances, mariages et décès, fonctions réservées à l’Eglise avant l'arrivée des Français. Les poètes et penseurs allemands (Dichter und Denker) ont apporté par leurs écrits leur soutien à Napoléon, ennemi des princes. Il était un exemple, avant de devenir le symbole de leur adversité. Il était demi-dieu avant d’être perçu comme un tyran. Le plus étonnant, c'est qu’après le départ des Français la Prusse s’est sentie contrainte de prendre pour modèle le Code civil français, supérieur aux législations prussiennes, car les populations ne voulaient pas sacrifier les acquis de la Franzosenzeit au profit d'une citoyenneté prussienne. Ce n’est qu’avec la bataille de Leipzig en 1813, perdue contre les Russes, les Prussiens et les Autrichiens que va se former le déclin de la présence française, avec le départ des troupes en janvier 1814. Subitement, la critique jusqu’alors imperceptible visait l'oppression (et la répression) française qui avaient tenté de contraindre les populations rhénanes (en majorité incultes) à apprendre la langue française et à adapter leurs administrations au modèle français. Cette francisation, accompagnée d’un recul de la langue allemande, du moins à l’échelon officiel, n’a certainement pas facilité la mise en place d’une nouvelle bureaucratie. La campagne de Russie en 1812, avec la défaite de l’Empereur alors au sommet de sa puissance et plus d’un million de morts civils et militaires dans les deux camps, sera décisive. Napoléon n'est plus invincible, tout le continent européen cherche à se libérer de l’hégémonie napoléonienne, les nationalistes allemands de la Prusse et de la Confédération du Rhin se soulèvent. L'identité nationale commence à prendre forme, la notion d'ennemi héréditaire fait son apparition. La publication du livre, à quelques semaines de la célébration du 50e anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée, est une contribution originale et utile à une information historique plus proche des citoyens sur les relations franco-allemandes.
Gérard Foussier
Umwälzungen
Die Präsenz der Truppen Napoleons im Rheinland bedeutete eine Phase von epochalem Charakter. In weniger als zwei Jahrzehnten erlebten die Rheinländer umwälzende Veränderungen in ihrem Alltagleben. Nach einem ersten Buch (Frankreich am Rhein) gibt der Landschaftsverband Rheinland (LVR) im Greven Verlag Köln ein zweites (Napoleon am Rhein) heraus, in dem die vielfältigen Erinnerungen an diese Zeit nachgespürt werden – in Politik und Gesellschaft, in Architektur, Musikleben und Literatur, ja selbst in Spottliedern und Kinderreimen. Das Buch lebt von persönlichen Erfahrungen, vermittelt Lebensgefühle und zeigt auf, was die Franzosen in diesen zwanzig Jahren überall im Rheinland Gutes hinterlassen haben – trotz Fremdherrschaft.
Red.



