Hegel - Penseur du politique

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Vieillard-Baron, Jean-Louis
2006, Ed. du félin, ISBN10: 2866456319

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Rezension / Compte rendu:
Deux figures intellectuelles

Dans leur collection « Les marches du temps », les éditions du félin publient une série d’essais sur les frontières du savoir. Les deux ouvrages sur Hegel et Mannheim permettent un accès nouveau à ces figures intellectuelles. Le philosophe Friedrich Hegel a su intégrer par son libéralisme la société civile dans l’Etat. Il respecte les droits des individus, mais les soumet à des valeurs plus fortes, telles que l’art, la religion ou la philosophie. L’auteur, professeur de philosophie à l’université de Poitiers, est un spécialiste de l’idéalisme allemand et du spiritualisme français, il dirige le Centre de recherche sur Hegel et à ce titre il consacre son ouvrage au « penseur du politique ». Traiter de ce sujet a un caractère paradoxal, concède Jean-Louis Vieillard-Baron, car la philosophie est un tout et Hegel interdit d’isoler une partie de sa philosophie et de détruire l’équilibre de sa pensée. Pourtant, l’auteur s’arrête sur « l’anthropologie politique fascinante » du philosophe pour rechercher l’actualité de cette pensée hégélienne du politique en prélevant quelques thèses originales, sur la famille, sur l’Etat, sur la guerre et la paix. Un défi certes, mais un défi assumé par l’auteur, qui conteste l’analyse de ceux qui voient dans la dialectique hégélienne un manifeste politique en faveur des opprimés contre toutes les formes politiques de domination. Anne Kupiec, sociologue à Paris X, présente une grande figure intellectuelle européenne, dont l’œuvre est restée trop négligée en France. Karl Mannheim, né en Hongrie en 1893, a enseigné en Allemagne de 1920 à 1933 avant de s’exiler en Angleterre, où il est mort en 1947. Il est l’un des fondateurs de la sociologie de la connaissance, il a essayé de comprendre les raisons qui poussent certains à s’accrocher au passé et d’autres à dessiner un avenir en rupture avec le présent. Dans le contexte de l’entre-deux-guerres, Karl Mannheim a voulu mettre en place une science du politique pour faire face aux graves difficultés de son époque. Anne Kupiec note que la sociologie de la connaissance est considérée en Europe comme un domaine plutôt marginal. Elle s’intéresse à la singularité de Karl Mannheim, dont les conceptions se sont altérées, en extrait les orientations majeures qui le distingue des autres sociologues de la connaissance et présente une sorte de « modèle socratique, qui conduit le lecteur à un examen constant, perpétuel et autonome des questions agitées par Mannheim ». Anne Kupiec affirme que pour lire Mannheim, « il faut accepter d’être agacé, déçu ou troublé parfois », mais il faut lire ses œuvres pour relancer des questions que d’autres ont fermées après lui. L’approche de Karl Mannheim présente un caractère suffisamment général pour constituer une leçon stimulante pour le présent. C’est tout le mérite de l’ouvrage d’en avoir apporté la preuve.
Jérôme Pascal

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