Napoleons Hundert Tage

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Müchler, Günter
2014, Theiss, Darmstadt, ISBN10: 3806229651

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Rezension / Compte rendu:
Les Cent-Jours
Il y a exactement 200 ans, le 1er mars 1815, Napoléon posait le pied à Antibes après avoir été contraint par ses maréchaux d'abdiquer le 20 avril 1814 à Fontainebleau. Moins d’un an plus tard, au terme d'un exil doré sur l’île d’Elbe, l'empereur veut chasser le roi Louis XVIII, rétablir le contrôle de l'administration qu'il avait mise en place lors de son premier règne, et modifier la Constitution. Il reprend la guerre contre les Alliés et doit abdiquer de nouveau après sa défaite à Waterloo le 18 juin. C'est cette période que Günter Müchler, auteur de plusieurs ouvrages sur l'ère napoléonienne (dont le récit d'une rencontre entre Napoléon et Metternich, traduit en français), décrit dans les moindres détails. Selon que l'on considère l’espace de temps entre le coup d'Etat du 20 mars 1815 aux Tuileries et la seconde abdication le 22 juin suivant au profit de son fils Napoléon II, ou entre l'arrivée dans le Golfe de Juan et le départ pour Sainte-Hélène, au beau milieu de l'Atlantique sud, le « vol de l'Aigle » dure donc entre 95 et 129 jours – c'est ce que les historiens appelleront les Cent-Jours, un intermède qui fait partie de l'Histoire de France, mais dont la portée est moins connue en Allemagne. Le dernier (et peut-être unique) ouvrage allemand sur la question date de 1956 et est signé Friedrich Sieburg (1893-1964).
Günter Müchler ne prétend pas refaire l'histoire, mais le sous-titre de son livre (cité uniquement en page intérieure) résume bien l'intention première de l'auteur : il s'agit ni plus ni moins que d'une histoire de tentations et de trahisons. Nombreux sont ceux en effet (Joseph Fouché, l'mpératrice Marie Louise, le maréchal Michel Ney, Benjamin Constant et bien sûr Charles- Maurice de Talleyrand) qui après avoir profité de la lumière dans l'entourage de l'empereur (ou celle du roi qui lui a succédé) ont brisé leur serment de fidélité, d'amour ou de solidarité partisane. Il y a eu les véritables trahisons et il y a eu la théorie du complot, celle qui permet de justifier des actions. L'auteur estime que les Français, enfants de la Révolution secoués par une longue série de bouleversements depuis 1789, étaient à cette époque particulièrement réceptifs aux théories des complots : ceux qui étaient nés en 1780 avaient vu en 35 ans deux rois et un empereur, sans compter un prince royal (Louis XVII mort à l'âge de 10 ans dans la prison du Temple sans avoir pu régner) et un Napoléon II (l'Aiglon), brièvement empereur du 22 juin au 7 juillet 1815. Le récit des Cent-Jours traduit bien l'état d’esprit d'une France en quête d'identité, les attentes d'une population voulant croire à un sauveur dans une Europe en pleine transformation. La vente aux enchères, en novembre 2014, d'un chapeau de Napoléon pour 1,8 million d'euros à un collectionneur sudcoréen, montre que l'intérêt pour l'Empereur reste vif en Europe. Günter Müchler présente un autre bicorne de Napoléon (il y en a 19 authentifiés) – celui porté lors de la bataille de Waterloo. Il est exposé au Musée historique allemand de Berlin, après avoir appartenu au maréchal Blücher, puis dérobé par l'Armée rouge en 1945.
Gérard Foussier

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