Eux, les S.T.O

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Vittori, Jean-Pierre
2007, Editions Ramsay, ISBN10: 2841149129

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Rezension / Compte rendu:
Ein dramatischer Abschnitt

Die Befragung von etwa 100 Personen sowie die Auswertung von rund 600 Fragebögen erleuchtet einen der verkanntesten Aspekte des Zweiten Weltkrieges: S.T.O. - diese drei Buchstaben stehen für den "Service du Travail Obligatoire" und repräsentieren noch heute einen dramatischen und mysteriösen Abschnitt, den eine Million französische Arbeiter, Männer wie Frauen, in Deutschland während des Dritten Reichs erlebt haben.
Nur wenige Bücher haben sich mit dieser Frage auseinandergesetzt, und die S.T.O.-Ehemaligen hatten nach dem Krieg nicht oft Gelegenheit, ihren Standort zwischen Widerstand und Kollaboration deutlich zu machen. Jean-Pierre Vittori, der den Forschern an den Universitäten vorwirft, sich für diese Akte nicht über die Maßen zu begeistern, versucht die Beweggründe derer zu begreifen, die zunächst an die "Relève"-Aktion glaubten: Zumindest am Anfang sollte sie den Austausch eines Kriegsgefangenen gegen drei Arbeiter ermöglichen. Er gesteht ein, dass die S.T.O.-Diskussion nicht um parteiische Affekte umhinkommt und "mehr als jede andere, vorschnelle Urteile provoziert, die weit von der historischen Wahrheit entfernt sind".
Im Verlauf seiner Analyse beleuchtet der Autor Behauptungen, Anklagen, Widersprüche und schmerzliche Tatsachen. Er unterstreicht, dass man "den Mann leichter als den Industriellen verurteilt, den Arbeiter leichter als den Staat, als wolle man, indem man dem Einzelnen die Schuld anlastet, den eigentlichen Fragen ausweichen". Und bei der eigentlichen Frage geht es gerade darum, zu erfahren, wer die größere Verantwortung trug - der Arbeiter oder der Bürgermeister, der die Vorladungen übermittelte, der Patron, der sich mit dem Aufstellen von Listen einverstanden erklärte oder der Beamte, der sie abschrieb?
Jean-Pierre Vittori gelingt es, das schamhafte Schweigen dieser Sträflinge zu brechen, die häufig in Lagern zusammengepfercht waren, obwohl ihnen die Vichy-Propaganda einen bequemeren Empfang bei deutschen Privatpersonen verheißen hatte. Manche von ihnen sollten Sabotageakte verüben, zahlreiche Verweigerer traten in die Reihen des "Maquis" ein, andere bauten an Netzwerken für Fluchtpläne, doch niemand sollte ihnen nach Kriegsende den Status von Widerstandskämpfern zugestehen. Die Forschungsarbeit des Journalisten und Schriftstellers, ein Spezialist für den Zweiten Weltkrieg und den Algerienkrieg, ist besonders bemerkenswert in Anbetracht des hartnäckigen Schweigens und des Inkognitos, in das sich die "von Hunger, Habgier oder Ideologie" in den Arbeitsdienst getriebenen Deportierten geflüchtet haben. Sie verweigerten sich sogar einer Rechtfertigung, und dabei könnten sie sich auf "ein Land im Zusammenbruch, in Trauer um mehrere 100 000 Soldaten und eine Million, 800 000 Gefangene" berufen. Wie etwa steht es mit der kindischen von der Propaganda verbreiteten Bande dessinée, in der die Figur Célestin Tournevis (zu deutsch: Schraubenzieher), einst bankrott nach Deutschland aufgebrochen, jetzt mit der Zigarre im Mundwinkel auf Urlaub zu- rückkehrt, um seinen Kumpel Tétembois (zu deutsch: Holzkopf) zu überreden, ihm auf die andere Rheinseite zu folgen? Wie mit jenen Artikeln, die behaupten, dass die französischen Arbeiter in Deutschland "bei ihren Kameraden und in der Bevölkerung sehr beliebt" und "für die deutsch-französische Versöhnung überaus wertvoll" seien? Und da die Appelle an die Vernunft und das Herz nicht ausreichen, bemüht Vichy neben der Überzeugungskraft Gesetze und Repressionen. Das Naziregime seinerseits sollte die Widerspenstigen in Arbeits- und Erziehungslager (AEL) pferchen, einschließlich der annektierten oder besetzten Gebiete in der Sowjetunion, in Polen, in der Tschechoslowakei, in Estland und selbst in Frankreich.
Das Buch enthält einen 40 Seiten langen Anhang, um das Drama der verächtlich "les S.T.O." genannten Arbeiter besser verständlich zu machen: Gesetzestexte, offizielle Reden (insbesondere die Rede Pierre Lavals, die von einer "Pflicht zur Solidarität im Hinblick auf die Rettung Frankreichs" spricht), Rundbriefe (etwa derjenige, der sich an die Verweigerer richtet und festhält, dass "sämtliche Universitätsangehörige, Professoren oder Studenten, die sich weigern, auf den Appel des S.T.O. zu antworten, endgültig von der Universität ausgeschlossen werden"), und schließlich Statistiken zur Verteilung der französischen Arbeiter im Reich.
Die Nachforschung Jean-Pierre Vittoris möchte weder glätten, noch verurteilen, sondern lediglich vom Drama dieser Franzosen Zeugnis ablegen, deren "Schuldgefühle und Traumata so schwer sind, dass sie im Namen ihres Rechts auf Vergessen Schweigen einfordern".
François Talcy, Übersetzung: Dr. Nicola Denis

Un drame et un mystère
L’enquête menée auprès d’une centaine de personnes et avec l’analyse de quelque six cents questionnaires apporte un éclairage sur l’un des aspects les plus méconnus de la Seconde Guerre mondiale. S.T.O. – ces trois lettres (Service du Travail Obligatoire) représentent aujourd’hui encore le chapitre dramatique et mystérieux vécu par un million de travailleurs français, hommes et femmes, partis travailler en Allemagne pendant le IIIe Reich. Peu d’ouvrages ont été écrits sur cette question et les anciens du STO n’ont pas eu souvent l’occasion après la guerre de préciser leur position entre résistance et collaboration. Jean-Pierre Vittori, qui reproche aux chercheurs universitaires de ne pas se passionner outre-mesure pour ce dossier, tente de comprendre les motivations de ceux qui ont cru dans un premier temps à cette relève, qui devait, du moins au début, permettre d’échanger un prisonnier contre trois travailleurs. Il concède que cette question du STO n’échappe pas à la passion partisane, et que, « plus que toute autre, elle provoque des jugements péremptoires qui se situent bien loin de la vérité historique ». Au fil des pages, l’auteur revient sur les affirmations, les accusations, les paradoxes, les souffrances aussi. Il note que l’ « on juge plus facilement l’homme que l’industriel, le travailleur que l’Etat comme si en reportant la faute au niveau de l’individu on souhaitait éluder les véritables questions ». Et la vraie question est bien celle de savoir qui était le plus responsable – le travailleur ou le maire qui transmettait les convocations, le patron qui acceptait d’établir des listes ou le fonctionnaire qui les transcrivait ? Jean-Pierre Vittori parvient à briser le silence gêné de ces forçats souvent entassés dans des camps, alors que la propagande de Vichy leur avait promis un accueil plus confortable chez l’habitant en Allemagne. Certains d’entre eux vont procéder à des actes de sabotage, de nombreux réfractaires vont nourrir les rangs du maquis, des réseaux d’évasion seront mis en place, mais personne ne leur accordera le statut de résistants au lendemain de la guerre. Le travail de recherche accompli par ce journaliste écrivain, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d’Algérie, est remarquable compte tenu du silence obstiné et de l’incognito dans lequel ces déportés du travail, « poussés par la faim, la cupidité ou l’idéologie », ont choisi de se réfugier, refusant même de se justifier alors qu’ils pourraient évoquer « un pays effondré, en deuil de quelque cent mille soldats et de un million huit cent mille prisonniers ». Ou encore cette bande dessinée infantile diffusée par la propagande et dans laquelle Célestin Tournevis (nom emblématique de l’ouvrier français ?), parti ruiné en Allemagne, revient en congé, le cigare au coin des lèvres, pour convaincre son copain Tétembois de le suivre outre-Rhin. Ou ces articles qui affirment que les ouvriers français en Allemagne « ont une très grande popularité auprès de leurs camarades et de la population » et qu’ils « font un bien immense à la cause de la réconciliation franco-allemande ». Et comme les appels à la raison et au cœur ne suffisent pas, Vichy a ajouté aux efforts de conviction la loi et la répression. Et le régime nazi entassera les récalcitrants dans des camps d’éducation par le travail (AEL), y compris dans les territoires annexés ou occupés en Union soviétique, Pologne, Tchécoslovaquie, Estonie et même en France. L’ouvrage fournit une quarantaine de pages en annexe pour mieux comprendre le drame du STO et de ces ouvriers appelés dédaigneusement « les STO ». Des textes de loi, des discours officiels (notamment celui de Pierre Laval qui invoque un « devoir de solidarité pour assurer le salut de la France »), des circulaires (entre autre celle sur les réfractaires dans laquelle il est précisé que « tout membre de l’Université, professeur ou étudiant, qui aura refusé de répondre à l’appel du STO, sera définitivement exclu de l’Université ») et des statistiques sur la répartition des ouvriers français dans le Reich. L’enquête de Jean-Pierre Vittori ne veut pas flatter, ni condamner, mais seulement rendre compte du drame de ces Français « excessivement culpabilisés et traumatisés au point qu’ils réclament le silence au nom du droit à l’oubli ».
François Talcy

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Eux, les S.T.O