Königin der Herzen. Eine Biographie.
2010, C. H. Beck, München 2010, ISBN10: 3406598137
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Rezension / Compte rendu:
La princesse des cœurs
Voilà 200 ans exactement, en 1810 donc, disparaissait Luise, reine de Prusse, une des figures les plus renommées de la dynastie des Hohenzollern. Alors que justement Berlin continue actuellement de discuter de la reconstitution du château de la célèbre dynastie, 2010 est intitulée « l'année Luise ». A Berlin, mais aussi dans les différents lieux qui auront marqué la vie de la reine de Prusse, de nombreuses manifestations sont donc organisées à cette occasion. Les spectateurs ont ainsi pu prendre part au printemps à l'exposition « Luise - Leben und Mythos einer Königin » au château de Charlottenburg à Berlin. L'occasion de découvrir le mausolée rénové de la reine de Prusse. Deux autres expositions sont visibles jusqu'à la fin du mois d'octobre sur la « Pfaueninsel » à Berlin et au château de Paretz.
A l'occasion de ces 200 ans de la mort de Luise, plusieurs ouvrages ont été publiés pour retracer la vie de la reine. Notamment la biographie « Luise von Preussen - Königin der Herzen » par l'historien Daniel Schönpflug, vice-directeur du centre de recherches Marc Bloch à Berlin. Ce livre a été conçu en parallèle de l'élaboration d'un film documentaire diffusé en début d'année sur la chaîne « Arte » dans les deux pays. Réalisé par Georg Schiemann avec la collaboration donc de Daniel Schönpflug, ce film, avec Luise Bähr dans le rôle de la reine Luise, avait été intitulé « Une reine contre Napoléon » pour le public français...
L'ouvrage de Daniel Schönpflug débute en vérité par la fin, par le convoi mortuaire qui ramène la reine Luise vers Berlin en cet été 1810, pour montrer à quel point, à ce moment-là, Luise est respectée et aimée par son peuple. En effet, plusieurs milliers de Prussiens s'empressent sur les routes pour voir passer le dernier convoi de leur reine. Luise pourtant n'a que 34 ans mais ses 17 années vécues en tant que princesse puis reine auront marqué à jamais l'histoire de la Prusse.
Luise et son époque
Tout au long de cette biographie, l'historien Daniel Schönpflug tient à étudier les relations entre la réalité de la vie de Luise et le « mythe » qui s'est construit autour de sa personnalité. Pour ce faire, il décrit de manière précise et détaillée le contexte de l'époque afin de mieux comprendre comment la reine s'est appropriée certaines mouvances du 19e siècle naissant pour avoir jusqu'à aujourd'hui cette réputation de « moderne ». Tellement moderne que la comparaison avec la princesse de Galles, Lady Diana, pourrait être tentante. Elle aussi a en effet été surnommée « la princesse des cœurs ». Mais il faut rendre à Luise ce qui appartient à Luise, le terme « Königin der Herzen » revient à August Wilhelm Schlegel, comme le rappelle l'ouvrage de l'historien. Difficile également de comparer deux princesses aux destins et surtout aux contextes si différents à deux siècles d'intervalle.
Mais si Luise a si bien pu entrer dans ce rôle qui lui était dévoué de reine proche du peuple, c'est également parce que sa personnalité s'y prêtait. L'ouvrage retrace ainsi les détails de son éducation. La jeune Luise, issue de la maison Mecklenburg-Strelitz, grandit à Darmstadt et est notamment éduquée par Salomé de Gélieu, dont les idées proches de Jean-Jacques Rousseau ne seront pas sans conséquences sur le devenir de la princesse. Même si Luise est loin de Berlin et proche de la nature, son éducation n'en est pas moins conforme aux règles de la noblesse.
La France en filigrane
La France et les mouvements qui la traversent s'inscrivent évidemment en filigrane de la biographie de Luise, comme le rappelle clairement cette biographie de Daniel Schönpflug. En effet, quand Luise et sa sœur Friederike arrivent à Berlin pour un double mariage avec les princes Friedrich Wilhelm et Louis en 1793, le roi Louis XVI est à la même époque guillotiné de l'autre côté du Rhin. La relation entre la monarchie et ses sujets est donc un des débats dans l'air du temps.
La personnalité charmante et généreuse de la princesse Luise éclate alors au grand jour et séduit la cour de Berlin mais aussi le cœur de son mari, le prince Friedrich Wilhelm. Le couple donne en effet une image harmonieuse, peu habituelle à une époque où les mariages étaient basés sur des stratégies d'alliance entre familles ou territoires. Luise prend ainsi très à cœur son rôle de mère et le premier enfant de la fratrie naît ainsi dès 1794 mais ne survivra malheureusement pas. C'est en tout dix enfants que Luise mettra au monde au cours des 17 années qui séparent son arrivée à Berlin de son décès. Parmi ceux-ci, le futur roi de Prusse Friedrich Wilhelm IV (Frédéric-Guillaume IV), le futur empereur Wilhelm 1er (Guillaume 1er) et également Charlotte, future tsarine de Russie. Ce fait ne pourra que contribuer à son image et à son mythe de « mère de la nation ».
Luise, Alexandre et Napoléon
Avec la mort de Frédéric-Guillaume II en 1797 et l'arrivée de Frédéric-Guillaume III au pouvoir, c'est un nouveau statut qui incombe à celle qui de- vient désormais la reine Luise. Elle côtoie les plus grands de ce monde, dont le tsar de Russie Alexandre 1er. L'ouvrage ne résiste pas à la tentation de rappeler que Luise a éprouvé certainement plus qu'une simple admiration politique pour le souverain de Russie lors de leur rencontre en 1805 à Memel.
La rencontre avec Napoléon fut, elle, d'un tout autre ordre. Hésitant dans sa position face à Napoléon, Frédéric-Guillaume doit très rapidement faire face aux conquêtes rapides des troupes françaises, notamment au cours de l'année 1807. La Prusse joue alors son va-tout en envoyant la reine Luise s'entretenir avec l'empereur français le 6 juillet 1807 à Tilsit. Cette courte entrevue, sans aucun résultat politique puisque Napoléon ne change pas les termes de ses conditions, sera une des scènes qui contribuera au mythe de Luise : elle sera en effet présentée comme celle qui se serait sacrifiée pour sa Nation face à l'envahisseur. La fin de la vie de Luise, marquée par la fuite devant les troupes napoléoniennes puis le retour à Berlin en 1810, ne fera qu'accentuer cette image de reine martyre, qui perdurera encore longtemps après sa mort le 19 juillet 1810.
Cependant, grâce à cet ouvrage très détaillé prenant la vie de Luise comme fil rouge pour décrire le contexte social et politique de l'époque en Prusse et en Europe, Daniel Schönpflug permet de rétablir de manière claire le décor dans lequel a vécu la reine pour ainsi mieux présenter les contours de sa personnalité et son rôle dans la dynastie des Hohenzollern.
Sébastien Vannier
Luise von Preußen, Königin der Herzen
Zum 200. Todesjahr von Hohenzollern-Königin Luise von Preußen legt der Historiker Daniel Schönpflug eine Biografie der beim Volk sehr beliebten Monarchin vor; in Kooperation mit dem Regisseur Georg Schiemann entstand zudem ein Dokumentarfilm mit dem französischen Titel "Une reine contre Napoléon" (Deutsch: "Luise - Königin der Herzen").
Luise - die Bezeichnung "Königin der Herzen" verdankt sie August Wilhelm Schlegel - hat, dank ihrer Persönlichkeit, als Prinzessin und Königin in nur 17 Jahren die Geschichte Preußens geprägt; der Filmtitel "Eine Königin gegen Napoleon" fußt auf dem Mythos ihres "Opfergangs" nach Tilsit 1807, wo sie gegen Napoleon freilich nichts ausrichten kann. Schönpflug untersucht in seiner Biografie Mythos und Realität von Person und Regentschaft Luises, indem er ihre "Modernität" im gesellschaftlichen und politischen Kontext der Zeit einordnet.
Red



