Pariser Lehrjahre zur Ausbildung deutscher Maler in der französischen Hauptstadt.

Band 1: 1793-1843

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Nerlich, France / Savoy, Bénédicte (Hrsg.)
2013, De Gruyter, Berlin, ISBN10: 311029057X

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Rezension / Compte rendu:
Apprendre à peindre – et à vivre
Des artistes allemands formés à Paris au 19e siècle

Des centaines de jeunes élèves artistes, originaires de Berlin, Düsseldorf, Kassel, Munich, Stuttgart, Dresde et Vienne, se sont rendus au 19e siècle à Paris pour y suivre des études à l’Ecole des beaux-arts et dans les ateliers de peintres célèbres comme Jacques-Louis David, Paul Delaroche ou Thomas Couture.

On savait peu jusqu’ici de ces étudiants allemands et sur l’impact que la capitale française a pu avoir sur leur oeuvre ultérieure et sur leur vie après ce voyage initiatique. Le premier tome des deux livres édités sous la direction de France Nerlich et Bénédicte Savoy comble une lacune et permet une réflexion sur la définition de la peinture française au lendemain de la Révolution, mais aussi sur la société française de l’époque.
Certains peintres allemands, fascinés par la France (ou par ses peintres ?), ne sont jamais retournés chez eux et leur peinture ne saurait être qualifiée aujourd’hui d’allemande. D’autres ont été désignés de « français » pour mieux les critiquer, alors qu’ils ne sont restés à Paris que le temps de leurs études. Beaucoup ont été ignorés à leur retour de France, soit qu’ils ne parvinrent pas à vivre de leur travail, soit qu’ils préférèrent une carrière dans un tout autre domaine. Mais tous ont pu, grâce à leur formation parisienne, trouver leur véritable identité, pas obligatoirement en tant que peintres.
Les deux ouvrages (le second paraîtra en 2015) sont le résultat d’un projet de recherche franco-allemand mené conjointement par la Société allemande de la recherche (Deutsche Forschungsgesellschaft) et l’Agence nationale de la Recherche (ANR). France Nerlich, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université François Rabelais de Tours, dirige avec l’historienne Bénédicte Savoy (de l’université technique de Berlin) ce projet sur la formation transnationale des artistes au 19e siècle. Elle avait soutenu en 2004, à la Sorbonne et à la Freie Universität de Berlin, une thèse sur La réception de l’art français en Allemagne entre 1815 et 1870. Les deux ouvrages issus du projet franco-allemand sont présentés comme des dictionnaires, chaque artiste ayant droit à sa « carte d’identité », avec les grandes dates de sa carrière artistique, la description de son passage à Paris, la liste de ses oeuvres réalisées en France et le cas échéant une bibliographie. Dans de nombreux cas, un autoportrait du peintre complète la description. Et quelques oeuvres sont reproduites en couleur en fin d’ouvrage.

Témoignages

Alors que depuis 1971, le livre de Wolfgang Becker sur Paris et la peinture allemande de 1750 à 1840 est considéré comme une référence en la matière, le dictionnaire des deux historiennes de l’art en corrige l’analyse, car les nouvelles sources mises à jour depuis autorisent une impression moins globale que celle livrée par Becker. Des lettres personnelles, adressées à des parents ou amis en Allemagne, sont citées, qui sont autant de témoignages privés sur la vie d’un jeune artiste allemand à Paris. De même les grands maîtres allemands du 19e siècle ont souvent apporté leurs commentaires sur les progrès de leurs élèves. Cette multitude de documents ne permet pas de généraliser, mais montre clairement des tendances sur l’appréciation de la situation économique et sociale, mais aussi sur l’engagement politique et moral des jeunes artistes. Par ailleurs, chaque atelier avait sa spécificité. Il n’y avait pas une seule et unique forme d’art français, mais de nombreuses écoles marquées par les différences de technique et d’esthétique.
Devenir artiste, c’était aussi faire l’expérience de l’expatriation et de la migration. Le premier contact avec Paris a souvent été un choc, notent les auteurs, même si certains d’entre eux ont d’abord cherché les points communs entre les grandes villes d’Allemagne et la capitale. Difficile cependant de comparer Paris (plus d’un million d’habitants en 1846) avec Stuttgart par exemple (48 000 habitants). Difficile aussi de comparer la vie quotidienne, lorsque les bourses d’étude servent surtout à payer le logis, la nourriture et les vêtements. Leurs lettres font état d’hôtels bon marché et de restaurants aux prix abordables, elles décrivent aussi les petits boulots de dessinateurs et portraitistes exercés en marge des études pour mieux vivre dans la société parisienne. C’est également le contact distant avec les maîtres dans les grands ateliers, les rapports difficiles avec les autres étudiants, le manque de respect envers les jeunes étrangers, sans oublier le système d’enseignement fort différent de celui dispensé en terre allemande. Autant de commentaires qui contredisent les idées reçues sur le mythe de Paris, ville de Lumière, attirant les artistes étrangers curieux de voir une capitale postrévolutionnaire inaugurant une nouvelle époque.
On lira avec intérêt le chapitre sur Johann David Passavant (1787-1861), qui a effectué deux séjours parisiens (de 1809 à 1813 et de 1815 à 1817). Dans pas moins de 210 lettres, il s’en prend avec virulence contre le système français des concours et l’ambition de ses professeurs, Jacques- Louis David et Antoine-Jean Gros, de voir leurs élèves fréquenter l’Académie royale pour remporter des prix.
Jérôme Pascal

Die Kunstgeschichte neu schreiben
Im 19. Jahrhundert pilgerten Hunderte von jungen Kunstschülern aus dem deutschsprachigen Raum nach Paris, um an der Ecole des beaux-arts und in den Ateliers von berühmten Malern zu studieren. Die Beschäftigung mit den Pariser Lehrjahren (von 1793 bis 1870) im Rahmen eines deutsch- französischen Forschungsprojekts (geför dert von der Deutschen Forschungsgesellschaft DFG und der Agence nationale de la recherche ANR) eröffnet weitreichende Perspektiven. Der Ansatz, transnationale Künstlermobilität gegen nationale Kategorien des kunsthistorischen Diskurses auszuspielen, zeigt Möglichkeiten auf, wie Kunstgeschichte anders geschrieben werden könnte. Der erste Band ist den Jahren 1793 bis 1843 gewidmet; der zweite, über die Jahre 1843 bis 1870, erscheint 2015.
Red.

Pariser Erfahrungen
"Die Spannung zwischen technischer Beherrschung der Malerei und möglicher Eigenständigkeit, die in Paris sehr früh erlernt wurde, machte vielen deutschen Malern zu schaffen, da sie mit solchen Methoden bis dahin zumeist noch nicht konfrontiert worden waren. Diese Erfahrung veranlasste aber auch Maler bei ihrer Rückkehr in die Heimat selbst Privatateliers zu eröffnen, um eine intensivere Auseinandersetzung mit dem Malen selbst zu ermöglichen."
Aus der Einleitung der Pariser Lehrjahre

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Pariser Lehrjahre zur Ausbildung deutscher Maler in der französischen Hauptstadt.