Ich, die Fransentochter

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Ofaire, Charles
2011, Axel Dielmann Verlag, Francfort/Main 2011, ISBN10: 3866381484

Dieses Buch jetzt bei Amazon.de ansehen
Dieses Buch wurde rezensiert in der Ausgabe: Dokumente/Documents 1/2012 

Voir ce livre sur Amazon.fr
Ce livre a fait l'objet d'un compte rendu de lecture dans le numéro : Dokumente/Documents 1/2012 

Rezension / Compte rendu:
A l'ombre du mur

L’auteur exige de ses lecteurs une certaine patience et beaucoup de compréhension pour ce livre présenté comme un « journal tranquille de l’année 1989 ». Ce n’est pas la seule énigme : le titre et le nom de l’auteur, en bleu-blanc-rouge sur la couverture, suggère une histoire française. Il faut par ailleurs être fin limier pour imaginer ce que pourrait bien vouloir dire « Fransentochter » (mot à mot : la fille aux franges) et supposer que par une déformation linguistique le vocable fait allusion également à un certain Franz ou à un Français (« Franzose »). Si ce choix correspond à la liberté de création, il est difficile de s’y retrouver, lorsque l’auteur se fait narrateur pour dire et répéter à longueur de pages qu’il ne veut pas écrire un roman, mais tenir un journal intime. Or il faut subir toute la moitié de l’ouvrage sur le cancer du sein de la narratrice avant d’être confronté au véritable thème, à savoir que la dame en question souffre à 45 ans de ne pas avoir connu son père. Et il faut attendre la toute dernière page, la 142e, et le tout dernier paragraphe, pour trouver enfin la date (ce qui pour un journal est pour le moins curieux) qui dévoile le vrai mobile de l’auteur : 24 décembre 1989, « une date pour la première fois, afin que je puisse trouver la fin ». L’aveu semble sincère : « L’année 1989 était l’année de ma révolution et de mon ouverture du Mur ». Pourtant, aucune allusion au Mur de Berlin tout au long du journal/roman/récit. Il faut avoir lu d’abord la quatrième de couverture pour comprendre que l’héroïne, émue par les événements de 1989 en RDA et par l’explosion pacifique de leur révolte interne, a décidé elle aussi de briser ses chaînes pour se mettre enfin à la recherche de son père. L’énigme si tardive éclate rapidement comme une bulle de savon : le  souvenir d’un vieux rêve, au cours duquel la narratrice se revoit enroulée dans un tapis (d’où le rapport avec les franges), rappelle peut-être que Charles Ofaire a déjà traduit dans le passé Freud et Kafka. Ce souvenir conduit à une histoire finalement banale que d’autres auteurs ont déjà développée avec autrement plus de brio, celle d’un travailleur français, se trouvant dans l’Allemagne du Troisième Reich dans le cadre du STO et qui sera exécuté par la « Gestapo » pour fait de résistance, alors que sa brève relation avec une Allemande n’est pas restée sans conséquence. En fait, le tout – si on passe sur le cancer, les rêves pseudo-freudiens et les bavardages pseudo-psychanalytiques – tient en une trentaine de pages lourdes d’effets de style, qui montrent certes que l’auteur adore jouer sur les mots, mais qu’il en oublie trop souvent l’objet même de son récit. Avant de mourir, la mère de la narratrice rompt brusquement son silence (chute du Mur ?) et raconte tout à sa fille qui se lance ensuite dans une enquête, sur le modèle des jeux de piste de « Da Vinci Code », mais sans grande inspiration, ni conviction. Grâce à une mystérieuse dédicace, tout s’illumine en quelques pages rapides : le nom (Dupont, difficile de faire plus français),  l’adresse du père (à Poitiers) et son goût pour la poésie. Si certains passages sont peu crédibles, cela peut être mis sur le compte du roman. Plus insupportable néanmoins sont les formules d’autosatisfaction prononcées « innocemment » par la narratrice (donc l’auteur) – jusqu’à qualifier, en français dans le texte, le titre de son journal, devenu roman, de « trouvaille ».
Gérard Foussier

Kein glücklicher Fund
Die Geschichte der "Fransentochter" spielt auf ein Trauma der krebskranken Protagonistin an sowie auf den Begriff Franzose. Immer wieder wird behauptet, es handele sich dabei nicht um einen Roman, sondern um ein Tagebuch – wobei kein einziges Datum angegeben wird. Die Mischung von Historischem (Fall der Berliner Mauer, Zwangsarbeiter im Dritten Reich) und Psychoanalytischem (Brustkrebs und ein nie gekannter Vater) mache, so der Rezensent, anders als Ich-Erzählerin behauptet, aus dem "stillen Tagebuch aus dem Jahr 1989" (Untertitel) keineswegs eine "Trouvaille".
Red.

Dieses Buch jetzt bei Amazon.de ansehen
Voir ce livre sur Amazon.fr
Ich, die Fransentochter