Eine Deutschlandreise über den Tellerrand hinaus
2013, Rororo, Hamburg, ISBN10: 3499622270
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Rezension / Compte rendu:
L'estomac dans les talons
Un récit de voyage agrémenté de recettes régionales
L'idée n’est pas très originale, mais comme il s'agit d'une expérience personnelle, sa concrétisation suscite la curiosité : faire le tour des Länder d’Allemagne en auto-stop pour y découvrir des recettes régionales et en faire un livre de cuisine sur diverses spécialités culinaires.
La couverture du livre de Patrik Stäbler est en quelque sorte la traduction visuelle de son expédition : un bretzel (typiquement bavarois) est bêtement accroché au sac à dos de l'auto-stoppeur au beau milieu d'une route, lequel, pouce en l'air, indique aux automobilistes de passage qu'il veut se rendre à Essen, ville du bassin de la Ruhr. Le soustitre propose « un voyage en Allemagne au-delà du rebord de l'assiette », traduction approximative d’une expression allemande que l'on utilise lorsque l'on veut voir un peu plus loin que le bout de son nez. Quant au titre, il fait clairement allusion à une autre expression qui suggère de ne pas empêcher ceux qui veulent voyager (Reisende soll man nicht aufhalten), mais dans laquelle l'auteur a remplacé ceux qui veulent voyager par ceux qui veulent manger (Speisende soll man nicht aufhalten).
Auto-stop et couch-surfing
Un peu compliqué pour une seule page, d'autant plus que la ville d'Essen (qui porte le même nom que le verbe manger) n'est même pas sur l'itinéraire de l’auto-stoppeur. Compliqué et confus, car toutes ces informations en guise de rébus ne traduisent pas le véritable contenu de l'ouvrage, qui fait avant tout l'éloge de la cuisine simple, mais aussi de l'auto-stop et du couch-surfing, cette option de voyage qui permet de coucher gratuitement chez l'habitant en passant par internet. Non sans fierté, l'auteur résume son odyssée : 3 800 kilomètres avec une centaine de voitures différentes, 90 nuits chez 33 couch-surfers, ces adeptes d'un échange de canapé inventé en 1999 par un Américain, Casey Fenton, qui voulait passer un week-end en Irlande, mais pas en touriste dans un hôtel, d'où son idée d’envoyer un courrier électronique à 1 500 étudiants de l'université de Reykjavik. Ses 50 réponses ont incité l’Américain à créer son propre site sur la toile en 2004 – avec aujourd’hui quelque 5 millions d'adhérents aux quatre coins du monde, surtout aux Etats-Unis, en Europe et en Australie, mais aussi de plus en plus en Asie et en Amérique latine.
Les péripéties de l'auto-stoppeur remplissent également de nombreuses pages : beaucoup d'anecdotes futiles, de détails superflus, d'expériences ou d'entretiens trop personnels pour être généralisés. Tout cela en fait n'est que « le rebord de l’assiette » annoncé en sous-titre de l’ouvrage. Le menu principal en devient parfois presque accessoire, si ce n'était ces 16 recettes proposées à la fin de 16 chapitres consacrés aux étapes dans les 16 Länder du pays. L'auteur avoue éprouver plus de plaisir avec une simple tranche de pain avec de la ciboulette qu'avec un canapé de caviar. Et une assiette de pommes de terre sautées le remplit de plaisir. Il est bien connu qu'il ne faudrait pas parler en mangeant, mais Patrik Stäbler tient à partager ses impressions culinaires – les bonnes comme les moins bonnes – avec ses lecteurs. Son récit n'est donc plus un livre de cuisine, mais bien un carnet de voyage où les entretiens introduisent la découverte de plats nouveaux, dont la sélection semble avoir été suggérée par leur dénomination régionale. On en cherchera d'ailleurs vainement une traduction française dans le dictionnaire. De même que l'on ne connait pas d’équivalent en allemand pour cassoulet ou andouillette (tout au plus une description de fabrication, ce qui peut parfois décourager les plus audacieux), on ne traduit pas Dibbelabbes (plat à bas de pommes de terre confectionné en Sarre), Labskaus (plat de marins de Hambourg, où se mélange tout ce qui se conserve en haute mer), Mehlpütt (fait avec du lait et de la farine en Basse-Saxe), ou encore Schnüsch (soupe de légumes servie dans le Schleswig-Holstein). On s'étonnera de voir le döner kebab turc comme spécialité berlinoise. Mais l'auteur insiste : il y aurait 1 000 points de vente de kebab en Allemagne (avec un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros par an) pour seulement 1 500 filiales de « McDo » (3,2 millions de chiffre d’affaires). Le premier vendeur de kebab à Berlin au début des années 1970 s’appellerait selon lui Mehmet Aygün, mais l’association des vendeurs de kebab en Europe a désigné en 2011 un certain Kadi Nurman comme fondateur du premier restaurant döner kebab d’Allemagne à 2 223,8 kilomètres d'Istanbul – longtemps après l'apparition du « sandwich turc » en Turquie.
Patrik Stäbler fournit en fin d'ouvrage les adresses des établissements, où il a été reçu et initié à la dégustation des diverses spécialités régionales, mais il n'oublie pas d’y ajouter celle de son site internet qui propose des photos, des vidéos et des récits complémentaires de son voyage à travers l'Allemagne, y compris bien sûr des recettes (www.deutschland-isst.info) qui font peu de casdu Hamburger (qui n’est pas de Hambourg) ou du Berliner (beignet qui n’est pas non plus de Berlin). C’est en tout cas plus simple que d'avoir pendant trois mois... l'estomac dans les talons.
Marie Baumgartner
Über den Tellerrand hinaus
Es gibt keine französische Übersetzung vom saarländischen Dibbelabbes oder vom schleswig-holsteinischen Schnüsch – zwei von 30 Spezialitäten, die Patrik Stäbler auf seine Reise durch alle 16 Länder der Bundesrepublik per Anhalter entdeckt und gekostet hat. Davon 16 landestypische Gerichte, die er mit jeweiligem Rezept vorstellt. Der Autor gibtzu, auch ein Teller Bratkartoffeln verschaffe ihm innigste Glücksgefühle: "Ein Butterbrot mit Schnittlauch ist mir lieber als jedes Kaviar häppchen." Da es sich laut Buchcover auch um einen Reisebericht "über den Tellerrand hinaus" handelt, berichtet der Autor auch über seine Tramp-Erfahrungen auf seiner 3 800 Kilometer langen Deutschlandreise und als Couch-Surfer bei seinen 33 Gastgebern, die ihm für insgesamt 90 Nächte ihr Sofa kostenlos zur Verfügung gestellt haben. Seine Liebe zum Essen (eine "Passion" ) führt ihn auf die Spuren der deutschen Hausmannskost.
Red.
Aus Liebe zum Essen
"Angesichts von so viel Passion fürs Essen mag eines verwundern: Ausgerechnet die Küche meines Heimatlandes ist mir bislang ungefähr so unbekannt geblieben wie dem gemeinen Nordkoreaner ein McDonald’s-Restaurant. Zugegeben: Ich freue mich nicht nur auf neue kulinarische, sondern auch auf kulturelle Eindrücke. Schließlich sind mir weite Teile meines Heimatlandes ebenso unbekannt wie die deutsche Küche. So war ich zwar auf allen fünf Kontinenten, aber nicht mal in jedem dritten Bundesland. Auf Reisen habe ich Franzosen und Koreaner von Deutschland schwärmen hören – und konnte selbst nur ein paar Sätze über meine Heimatstadt München, über Berlin oder Hamburg beisteuern. Genauso, wie erstaunlich viele Erwachsene nur eine Handvoll Episoden aus dem Leben ihrer Eltern kennen, obgleich diese sie geprägt haben wie niemand sonst – genauso unzulänglich ist also mein Wissen über Deutschland und die Deutschen."
Aus dem Buch von Patrik Stäbler, Speisende soll man nicht aufhalten. Rororo, Hamburg, 2013, 303 pages.



