2013, Septentrion, Villeneuve d’Ascq, ISBN10: 2757404601
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Rezension / Compte rendu:
Civilisation et Kulturwissenschaft
Le titre à lui seul montre déjà la complexité du sujet, car il est difficile de traduire (et de comparer) la notion de « civilisation allemande » avec son équivalent qualifié de Landeskunde ou de Kulturwissenschaft (par analogie aux sciences culturelles en France) après avoir reçu les dénominations (désormais fort peu usitées) de Landeswissenschaft ou de Frankreich-Studien : « Force est de constater que l'on ne dispose toujours pas au sein de la romanistique allemande en particulier, mais tout autant au sein de l'université allemande en général, d'un terme générique qui soit accepté de la même façon que 'civilisation allemande' en France. » Ceci dit, ces différentes désignations reflètent aussi les processus historiques des échanges culturels par le développement de filières franco-allemandes. Vingtquatre experts des deux pays ont participé à l'élaboration de cet ouvrage, sur la base des rencontres entre germanistes français et romanistes allemands en 1988 à Versailles et 2010 à Berlin. Plusieurs auteurs reconnaissent la difficulté de traduction, « tant les acceptions diffèrent entre le français et l’allemand », lorsqu'il est question de civilisation : « Le terme traduit à la fois un processus social – le fait de civiliser – et un ensemble de caractéristiques historico-sociales au sens de stade ou d'état dans l'histoire d'un peuple ». Si la querelle entre Kultur et Zivilisation dans la littérature allemande n'est pas nouvelle, il reste acquis que les contours de la Kulturwissenschaft restent assez flous, même si une réorientation de l'enseignement de la littérature vers des contenus culturels a été timidement tentée. Au-delà de cette recherche sémantique, l'ouvrage dirigé par Hans-Jürgen Lüsebrink (université de la Sarre) et Jérôme Vaillant (université de Lille), s'il s'adresse en premier lieu aux spécialistes de la question, permet aussi de mieux comprendre comment « les études européennes, qui reposent sur une approche pluridisciplinaire, constituent un nouveau champ pour l’enseignement et la recherche en civilisation allemande ».
En guise de conclusion, les directeurs de la publication ont choisi de reproduire les propos tenus au cours d’une table ronde lors du colloque de Berlin. Cet échange, formulé de façon moins académique et plus directe que les contributions de l'ouvrage, traduit clairement les différences d'appréciation entre la France (où la civilisation allemande en tant que matière d’enseignement et de recherche « a gagné le statut d’un acquis stable ») et l'Allemagne (où le débat reste passionné face à l'expérimentation de modèles différents). Cette « fausse symétrie » entre « germanistes civilisationnistes » et « romanistes/Landeskundler », pour reprendre l'expression de l'historien Michael Werner, est due à des problèmes institutionnels, politiques, universitaires différents, mais il y a des points communs qui font que les jeunes chercheurs d'aujourd’hui qui travaillent dans un contexte franco-allemand sont, estime-t-il, « de meilleurs sociologues qu’un sociologue purement national » ou encore « de meilleurs géographes ou de meilleurs historiens que ceux qui travaillent dans une perspective purement nationale ».
A défaut de fournir une réponse unique, claire et définitive à ce que Jérôme Vaillant appelle avec une précaution toute diplomatique « une querelle », le livre apporte de nombreuses idées qui sont autant de propositions et de réflexions pour introduire l’organisation d’un troisième colloque.
Jérôme Pascal
Zwischen Landeskunde und civilisation
Landeskunde ist nicht dasselbe wie civilisation; mit Begriffen wie Kulturwissenschaft oder Frankreich-Studien versuch(t)en deutsche Universitäten, ein Äquivalent für ihr Lehrfach zu finden, das in Frankreich unter civilisation allemande firmiert. Eine Lösung des Problems können auch die 24 französischen Germanisten und deutschen Romanisten in ihrem neuerschienenen o. g. Werk nicht anbieten, aber Diskussionsgrundlagen für die weitere Beschäftigung mit dem Thema.
Red.



