Biographische Skizzen jüdischer ehemaliger Häftlinge von Kaufering
2008, Metropol-Verlag, ISBN10: 3938690976
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Rezension / Compte rendu:
Quarante destins de jeunes survivantes
Le camp de concentration de Kaufering à Dachau a fait l'objet en 2005 d'une exposition à Landsberg am Lech (ville où Hitler avait été incarcéré en 1924 et où il écrivit son « Mein Kampf » en prison) dans le cadre d'un projet artistique qui a conduit ses instigateurs à publier un livre de « biographies esquissées » (sous-titre de l'ouvrage) d'anciens détenus juifs - l'occasion aussi pour les auteurs de présenter ce camp, moins connu que Dachau, dans lequel avaient été détenus des enfants, des adolescents et de jeunes adultes juifs.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les camps ont été libérés, on avait dénombré seulement 6260 survivants, issus de toute l'Europe. Dépourvus de papiers d'identité, la plupart d'entre eux ont falsifié leur âge ou changé l'écriture de leur nom à l'arrivée des libérateurs américains, mais beaucoup ont décrit avec précision leur terrible passé pour que l'opinion publique prenne conscience de la tragédie humaine avant « la fin prochaine de la génération des survivants » (formule de l'écrivain espagnol Jorge Semprun lors du 60e anniversaire de la libération du camp de Buchenwald).
Le souvenir des plus jeunes se différencie de celui de leurs aînés, en ce sens que les événements vécus par les enfants restent ancrés dans les têtes (comme chez toutes les victimes), mais pas les lieux, ni les dates, ni les noms. Ambiances, odeurs, cris d'oiseaux, humidité des chaussures, bruits de toutes sortes - autant d'indices qui rappellent un moment du passé.
Le livre réalisé sous la direction d'Edith Raim propose les portraits d'une quarantaine de rescapés : pour chacun une page de texte et une page de photos privées - ces pages d'histoires individuelles traduisent les destins de familles juives. Dans de nombreux cas, les illustrations sont de simples photos d'identité qui contrastent avec la douleur des mois de détention, des photos de famille ou de classe d'école où l'on compte les survivants de la guerre, des photos de tombes sur lesquelles l'étoile de David témoigne de l'origine des défunts.
Sept femmes ont même donné naissance à des enfants lors de leur déportation. Le plus vieux de ces bébés, fils d'une Hongroise déportée alors qu'elle était enceinte, vit aujourd'hui au Brésil ; le plus jeune s'est établi au Canada. Beaucoup de survivants ont en effet choisi de vivre loin de leur terre d'origine, loin de Kaufering aussi, on les retrouve aux Etats-Unis, en Australie ou en Israël. Quelques-uns cependant ont malgré tout fondé famille en Allemagne malgré ce douloureux passé.
Outre ces biographies, le livre d'Edith Raim évoque ces bacheliers et écoliers de lycées juifs lituaniens de Kaunas (alors annexé depuis 1940 par l'Union soviétique), qui avaient réussi à publier 28 numéros d'un journal clandestin, « Nitzotz », tiré à 15 ou 30 exemplaires. Le ghetto juif de Kaunas fut transformé en camp de concentration en 1943, ses détenus furent déportés dans les différents camps de Kaufering, un seul rédacteur survivra, c'est lui qui parviendra, malgré les interdictions et les surveillances, à « publier » sept nouveaux numéros du journal (16 pages au format A5) qui existera - dans d'autres conditions bien sûr - jusqu'en avril 1948 à Ausgsburg et Munich.
Le livre présente quelques extraits de « Nitzotz », notamment quelques réflexions traduites de l'hébreu sur l'avenir du sionisme - écrites en février 1945.
Jérôme Pascal



