Ellipses
2007, L'Harmattan, ISBN10: 2729836225
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Rezension / Compte rendu:
Un nouvel éclairage
L’auteur est sincère. Dès sa préface Sylvie Guillaume écrit que « cette biographie ne prétend pas apporter du neuf par rapport aux biographies fort complètes des historiens allemands ». Néanmoins, si l’ambition première de l’auteur, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bordeaux III, était « d’apporter au lecteur français un éclairage plus équilibré sur la personnalité » du premier chancelier d’Allemagne fédérale, on reconnaîtra à l’ouvrage l’intérêt indéniable d’avoir complété les biographies de Robert d’Harcourt (1955), de Joseph Rovan (1987) ou de Paul Legoll (2007), auxquels elle reproche sévèrement d’avoir dépeint Konrad Adenauer « à travers le prisme de la politique française ». L’historiographie de langue allemande, notamment celle de Hans Peter Schwarz en 1991, est bien sûr plus dense et plus proche du quotidien politique allemand, mais de ce fait moins accessible au lecteur français dès lors qu’il s’agit de replacer une personnalité dans un contexte politique (intérieure surtout) qui n’est pas toujours présent à l’esprit. Or, Konrad Adenauer, né en 1876 cinq ans après l’unité allemande de Bismarck et décédé en 1967, a connu les règnes de l’empereur Guillaume 1er et Guillaume II, la République de Weimar, le régime national-socialiste et l’Allemagne divisée. Maire de Cologne puis chancelier, on lui doit d’avoir choisi Bonn comme capitale (provisoire) de l’Allemagne fédérale et d’avoir engagé son pays dans la construction de l’Europe. Pour Sylvie Guillaume, membre de l’Institut universitaire de France, l’action de cette figure centrale de la vie politique allemande du XXe siècle, ne saurait pour autant être confinée dans ses relations personnelles avec de Gaulle.
La période de sa vie la moins connue en France, en raison effectivement de l’importance légitime accordée à la réconciliation franco-allemande et à l’intégration européenne, est certainement celle qui a précédé la Seconde Guerre mondiale. L’auteur revient dans le détail sur les origines familiales de Konrad Adenauer, baigné dans la communauté catholique de Cologne. Dans le lycée, où le jeune Konrad fait ses études secondaires, on enseigne à la fois les préceptes de la religion catholique et le patriotisme prussien – un patriotisme illustré entre autres par le souvenir de la guerre franco-allemande de 1870. Il y apprend le grec et le latin (14 heures par semaine), il se dit passionné par l’Antiquité et jusqu’à la fin de sa vie il récitera des passages d’Homère ou de Virgile appris par cœur sur les bancs de l’école. Il apprend même le français, mais ses connaissances restent rudimentaires, trop pour pouvoir mener une conversation. Après ses études de droit tout à fait honorables, « mais sans éclat particulier », à Fribourg en Breisgau, Munich et Bonn, il se marie en 1904 et effectue son voyage de noces dans le sud de la France, notamment à Marseille. Ce sera son premier séjour en France. Elu maire de Cologne en 1917, il est confronté à deux problèmes, celui de l’occupation de sa ville par les Britanniques et celui des prétentions françaises sur la Rhénanie. En 1919, il se rend de nouveau en France, cette fois avec une délégation rhénane qui veut à Versailles convaincre la France de ne pas détacher du Reich la rive gauche du Rhin. Les services diplomatiques français le soupçonnent d’être l’« homme des Anglais ». Contrairement aux Rhénans qui souhaitent un séparatisme à l’encontre de la Prusse protestante, Konrad Adenauer a une attitude hésitante, mais reste attaché au Reich et opposé à l’occupation de la Ruhr par la France.
C’est de cette époque que date la vision européenne du futur chancelier. « La vieille route des peuples, la culture allemande et les cultures des démocraties occidentales ne vont cesser de se confronter », dit-il en 1919, avant la signature du traité de Versailles, ajoutant que « si leur réconciliation ne réussit pas, si l’on ne réussit pas par un rapprochement culturel à unir de nouveau les peuples, si on ne prévient pas une nouvelle guerre parmi les peuples européens, alors la primauté de l’Europe dans le monde sera perdue à jamais ». Une véritable intuition historique. Le régime nazi lui reprochera une telle vision en 1933 et interrompra la carrière locale de ce bourgmestre qui sera resté 16 années à la tête de sa ville.
En 1949, à la fondation de la République fédérale d’Allemagne, Konrad Adenauer sera, à 73 ans, l’homme de la situation. Il se range, non sans coquetterie, derrière son médecin qui lui assure que sa santé lui permet d’assumer la charge de chancelier « pendant au moins un an ». Il précisera même : « Il pense que je tiendrai deux ans ». En fait, il démissionnera seulement en 1963 – 14 années plus tard donc, à l’âge de 87 ans, après avoir été réélu tous les quatre ans. Dans une interview accordée en 1950, le chef du gouvernement de Bonn soulignera sa volonté de réconcilier les deux ennemis héréditaires : « Une union entre la France et l’Allemagne donnerait une vie nouvelle et une puissante impulsion à l’Europe qui est gravement malade ». Dans son livre, Sylvie Guillaume revient néanmoins à plusieurs reprises sur les dissensions entre Paris et Bonn, qui ont émaillé la relation franco-allemande dans les années 50 jusqu’à la signature du Traité de l’Elysée le 22 janvier 1963. Adenauer ne cache pas sa crainte de voir le général de Gaulle revenir au pouvoir, ce dernier l’avait pourtant qualifié de « bon Allemand » dès 1950. Mais persuadé de la nécessité d’un rapprochement franco-allemand, le chancelier prend l’initiative d’une rencontre au sommet, qui aura lieu en septembre 1958 à Colombey-les-Deux-Eglises.
Contraint de démissionner en octobre 1963, Konrad Adenauer meurt le 19 avril 1967, à l’âge de 91 ans. Conclusion de l’auteur, qui consacre de nombreuses pages aux difficultés intérieures de la fin de règne du chancelier : « Adenauer est un Européen par ce qu’il avait été avant tout un patriote », réhabilitant la première phrase de son introduction : « il n’est nullement original de qualifier Konrad Adenauer de personnalité politique de premier plan de l’Allemagne contemporaine ».
Gérard Foussier
Die Autorin der vorliegenden neuen Adenauer-Biographie Sylvie Guillaume, Professorin für zeitgenössische Geschichte an der Universität Bordeaux, überrascht den Leser mit dem Hinweis, dass der Band nicht die Ambition hat, etwas Neues zu liefern, sollte man ihn mit den ausführlichen Biographien deutscher Historiker vergleichen. Ihre Absicht ist es, dem französischen Leser den ersten Kanzler der Bundesrepublik in einem ausgewogenen Licht vorzustellen. Denn, die bisherigen französischen Biographien von Robert d'Harcourt (1955), Joseph Rovan (1987) und Paul Legoll (2007) hätten ihrer Meinung nach den Nachteil, Konrad Adenauer nur aus dem Blickwinkel französischer Politik dargestellt zu haben. Die deutschen Werke, vor allem die Biographie von Hans Peter Schwarz (1991), seien selbstverständlich wesentlich dichter und näher am täglichen politischen Geschehen, für ein französisches Publikum aber gerade deshalb auch etwas schwieriger nachzuvollziehen. Trotzdem: Sylvie Guillaume zitiert viele Passagen aus den verschiedenen französischen Werken, vor allem aus dem letzten Buch des Germanisten Paul Legoll, der in der Reihe "Allemagne d'hier et d'aujourd'hui" ("Deutschland gestern und heute") des Verlags "L'Harmattan" verschiedene Etappen im Leben Konrad Adenauers aufgreift, von seiner Geburt in Köln im Jahre 1876 bis zu seinem Tod in Rhöndorf 1967. Während Legoll zu dem Schluss kommt, das Leben Adenauers habe "zwar keine außergewöhnlichen Brüche oder Dramen gekannt, sei aber dennoch kein langer ruhiger Fluss gewesen", bemüht sich Sylvie Guillaume, den Werdegang des damaligen Kölner Oberbürgermeisters in einem eher deutschen, dann europäischen Zusammenhang zu schildern, und nicht nur - was sie ihren "Vorgängern" vorwirft - die besonderen persönlichen Beziehungen mit General de Gaulle. Nicht nur die Politik spielt für die Autorin eine Rolle: Sie analysiert den distanzierten preußischen Patriotismus des jungen Adenauer, aber auch seine Nähe zum Katholizismus. Sie illustriert seine Vorliebe für lateinische und griechische Autoren der Antike, die er später immer wieder zitieren wird. Sie deutet nur an, der zukünftige Bundeskanzler sei kein besonders guter Schüler gewesen, er habe zwar Französisch gelernt, seine Kenntnisse seien allerdings sehr rudimentär. Seine Hochzeitsreise ging 1904 ins südliche Frankreich, seine Beziehungen zum Nachbarn blieben aber lange von den Folgen des Ersten Weltkrieges geprägt, vor allem wegen der französischen Ansprüche im Rheinland, die er vehement bekämpfte. Sylvie Guillaume erwähnt manche Anekdoten aus der Gründungszeit der Bundesrepublik, als Konrad Adenauer, damals 73-jährig, öffentlich seine Bereitschaft kundtat, für das Amt des Bundeskanzlers zu kandidieren. Sein Arzt, sagte er damals, habe ihm versichert, er sei in der Lage, mindestens ein Jahr lang dieses Amt zu übernehmen, vielleicht sogar zwei. Er blieb bekanntlich 14 Jahre an der Spitze der Bundesregierung. Bei allen Bemühungen, vor allem die innenpolitische Situation zu erläutern, kommt die Autorin nicht umhin, auch die besonderen, nicht immer von Begeisterung geprägten Beziehungen zu Frankreich zu erwähnen. Auch Paul Legoll vervollständigt in seinem jüngsten Buch die bisherigen Informationen über Konrad Adenauer, vor allem in den Kapiteln über seine Beziehungen zu General de Gaulle. Eine exklusive Anekdote hat Sylvie Guillaume beim Germanisten und Adenauer-Bewunderer Legoll übersehen: Er hatte von einem englischen Autor erfahren, dass es bei der privaten Einladung de Gaulles nach Colombey-les-Deux-Eglises im Jahre 1958 beinahe zu einer Verspätung gekommen wäre, was den General sicherlich verärgert und mögliche Folgen für die deutsch-französische Annäherung gehabt hätte. Der Fahrer des Kanzlers hatte den Wohnort des Generals in Lothringen mit Colombey-les-Belles in der Nähe von Toul verwechselt ...
Gérard Foussier



