Comme un Allemand en France

Lettres et carnets inédits 1940-1944

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Luneau, Aurélie; Guérout, Jeanne; Martens, Stefan
2016, L'Iconoclaste, Paris, ISBN10: 1095438204

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Rezension / Compte rendu:
Souvenirs de soldats

De 1940 à 1944, les militaires allemands en France occupée ont beaucoup écrit : lettres, photos ou journaux de soldats convaincus, de vétérans de la Grande Guerre, d’adolescents et d’intellectuels. Pour la première fois, un échantillon de ces correspondances est traduit en français, offrant ainsi une perspective inédite sur le quotidien des soldats allemands sous l’Occupation : la victoire, l’agréable routine, le déclin, la débâcle. A travers ces chroniques adressées aux familles, aux camarades, parfois même aux amies françaises (100000 enfants sont nés pendant l’Occupation des liaisons entre soldats allemands et des Françaises), les auteurs, trois historiens, mettent en scène la vie de ces soldats, leurs certitudes et leurs inquiétudes. Bien sûr il convient d’échapper aux propos tels que : « Les Français ne bossent pas comme des imbéciles comme nous, ils prennent le temps pour tout et semblent, personnellement, plus heureux » (Gottfried S. à sa femme Lotte, 23 mai 1941).
Ils sont 80000 en 1941, près d’un million à la veille du Débarquement en juin 1944. Issus de tous les milieux et de toutes les régions, certains quittent leur foyer pour la première fois. Cinq années durant, ces Allemands qui occupent la France écrivent à leur famille, se confient à leurs journaux intimes, croquent leur quotidien dans des calepins, photographient les paysages. Avec le temps, leurs sentiments évoluent. Les lettres des premiers mois se veulent rassurantes, et même fanfaronnes ; peu à peu, le doute s’installe. Certains ont une foi absolue en Hitler. D’autres, tel le jeune soldat Heinrich Böll, futur prix Nobel de littérature dont les lettres sont traduites pour la première fois, sont gagnés par l’empathie et tissent des liens avec les Français – il écrivait le 7 décembre 1942 : « Je me sens souvent seul et abandonné quand je regarde les rues ici, rencontrant les visages des gens, en partie hostiles ou moqueurs, en tout cas indifférents. Tout autant qu’ils sont, ils ne nous accordent qu’une guerre perdue, et il semble souvent que nous-mêmes ne croyions plus vraiment à la victoire ».
Il a fallu deux années de recherche en Allemagne pour trouver, sélectionner et rassembler ces écrits inédits en France, parmi les 28 milliards de lettres et de cartes postales envoyées via laFeldpost, le service postal de laWehrmacht. Pour ces soldats, la France est un lieu de villégiature dont ils admirent les paysages et apprécient la nourriture (tout au moins jusqu’en 1943). Certes, la censure ne permet pas de tout raconter et ces hommes et femmes ne souhaitent pas inquiéter ceux restés en Allemagne, mais la guerre et la vie en France qu’ils racontent sont bien différentes de celles que l’on trouve dans les manuels d’Histoire. Ce livre laisse apparaître une nouvelle vision du soldat allemand bien plus complexe et subtile que l’on ne le croit. S’y ajoutent aussi les lettres du million de prisonniers allemands aux mains des autorités françaises après le 8 mai 1945, dont 70 % « cédées » par les Etats-Unis. 70000 Allemands acceptèrent de rester après 1947 avec un contrat de travailleurs civils libres.
Eugène Berg

Aus soldatischer Sicht
Erstmals wurde eine Auwahl privater Briefe und Tagebucheintragungen deutscher Soldaten in Frankreich von1940 bis 1944 ins Französische übersetzt – eine Chronik der Besatzungszeit jenseits offizieller Quellen und aus anderer Perspektive, z. B. am 7. Dezember 1942 aus der des Soldaten Heinrich Böll.
Red.

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