Reportagen und Erzählungen 1933–1941
2012, Greven, Köln, ISBN10: 3774304947
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Rezension / Compte rendu:
Une nomade malgré elle
Luise Straus (1893-1944), première femme du peintre et sculpteur Max Ernst (1891-1976), a décrit le Paris des années 30. Grâce à son fils Jimmy Ernst, ses observations et reportages, rédigés à la veille de la Seconde Guerre mondiale pour les pages culturelles de journaux de langue allemande, ont été rassemblés et pour la plupart publiés une nouvelle fois par une maison d’édition de Cologne, sa ville natale. Ironique ou mélancolique, Luise Straus s’est particulièrement intéressée à la vie des exilés et des artistes de la capitale, mais aussi à la société française en général, mêlant souvent fiction et réalité, mais aussi sa propre vie et celle de son entourage. Elle a écrit également un roman (Zauberkreis Paris). Sa passion pour la description lui est venue pendant ses études d’histoire de l’art et d’archéologie. Elle obtient en 1917 à l’université de Bonn (comme première femme dans cette discipline) son doctorat pour une thèse sur le dessin dans l’art de la joaillerie de Cologne au 12e siècle. Elle épouse Max Ernst en 1918, qui après une relation tumultueuse quitte sa femme quatre ans plus tard pour un « ménage à trois » à Paris avec Paul Eluard et sa femme Gala. Le divorce sera prononcé en 1926. Observée par le régime national-socialiste en raison de son statut d’intellectuelle juive, Luise Straus émigre dès le mois de mai 1933 à Paris, habite dans un petit appartement, dans lequel avait logé, trente ans plus tôt et pour quelques mois, le poète Rainer Maria Rilke. En 1942, c’est à Manosque chez Jean Giono qu’elle se réfugie, alors que les Américains viennent de lui refuser un visa d’entrée aux Etats-Unis. Arrêtée dans le sud de la France le 29 avril 1944, moins de cinq semaines avant le Débarquement, elle est déportée un mois plus tard dans le camp de concentration d’Auschwitz. Sans retour. La dernière photo connue que l’on possède d’elle a été prise en mai 1944 dans le camp de Drancy près de Paris. Pour le titre de l’ouvrage (Une femme se regarde), les initiateurs de cette publication ont adapté une nouvelle de Luise Straus, intitulée Deux femmes
se regardent, dans laquelle une mère comprend qu’elle va devoir partager l’amour qu’elle porte à son jeune fils avec l’amie de sa progéniture. L’historien et critique d’art Werner Spies la qualifie de « nomade malgré elle » et relève qu’elle a toujours su lier à l’actualité culturelle son regard sur le passé, par exemple en 1917, lorsqu’elle publiera un essai sur Dürer et le cubisme. L’analyse de son oeuvre permet de suivre l’évolution de son style d’écriture, mais aussi de son style de vie : elle compte parmi les premières femmes en Allemagne qui ont cherché à s’émanciper de la famille. Sa devise, citée dans l’ouvrage, se résume à ces quelques mots : « Ecrire, observer, c’est pour moi, semble-t-il, depuis toujours une fonction vitale comme respirer, manger et dormir. »
Gérard Foussier
Zeugin des Umbruchs
Luise Straus war nicht nur die erste Ehefrau von Max Ernst, sie war auch eine außergewöhnliche Kunsthistorikerin und Journalistin. Die jüdische Intellektuelle aus Köln emigrierte nach Paris, wo sie berührend aus dem Paris der dreißiger Jahre berichtete. 1944 wurde sie nach Auschwitz deportiert. Das Buch, das vom Max Ernst Museum Brühl herausgegeben wird, liefert Reportagen und Erzählungen als lebendiges Zeugnis von einer Zeit des Umbruchs und der Veränderungen.
Red.



