2009, Allia, Paris, ISBN10: 2844853013
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Rezension / Compte rendu:
Un aller-retour rabelaisien
On savait que François Rabelais (1494-1553), le père de Gargantua, avait écrit un traité sur le vin, mais le texte d’origine a disparu. Seule une traduction en tchèque d'une version allemande existe encore en trois exemplaires, à Prague, Olomouc (Olmütz) et Innsbruck. Elle a été réalisée en 1622 par le clerc du chancelier de Prague, l'helléniste Martin Kraus de Krausenthal, appelé aussi Martin Carchesius (1150-1610). Dès 1585, l'humaniste de Strasbourg Johann Fischart (1546-1591) avait traduit Gargantua et Pantagruel en allemand, ce qui témoigne bien de la popularité de l'auteur au-delà de son Chinonais natal. Il faudra cependant attendre 1995 pour qu'une adaptation de la version tchèque en tchèque moderne soit réalisée et permette à un plus large public de découvrir le fameux Traité de bon usage de vin. Marianne Canavaggio, qui a enseigné à l'Ecole française de Prague, puis à Epernay et à Nîmes, a relevé un défi étonnant, en retraduisant le nouveau texte tchèque en français. Les lecteurs assidus de Rabelais reconnaissent sans mal dans ce traité de savoir-vivre (un texte de seulement 27 pages, dont sept avec des illustrations de 1564, tirées des Songes drôlatiques de Pantagruel ) le style de Rabelais, ses provocations (« politiquement incorrectes », dirait-on aujourd'hui) et l’originalité de son vocabulaire. C'est une véritable éthique de la vie que décrit l'auteur présumé de ce texte riche en expressions savoureuses typiquement rabelaisiennes, dans lequel la consommation de vin est érigée en vertu et devient même un attribut anthropologique majeur : « L'usage du vin, outre le verbe prolixe et la prière fervente, est de toutes les actions humaines ce qui le distingue des autres créatures terrestres, volant dans le ciel, courant ou rampant sur la terre, auxquelles Dieu n'insuffla pas âme humaine, quoique d'aucuns prétendent ». Un délice à déguster avec un bon verre de Chinon... pour apprendre par cette lecture originale que le vin est le meilleur remède contre tous les maux de ce monde (« Frérots ! Aux abreuvoirs !
Que le vin a maintes qualités et guérit les maux de l'âme, voilà qui est certain ») et que celui qui boit de l'eau (ou de la bière, ce qui permet de supposer que les Allemands étaient visés par cette affirmation) vit dangereusement (« Mais plus que tout, gardezvous de l'eau ! De tous les fluides, c'est le plus virulent »). Dernier conseil de Rabelais à ses lecteurs : « Vous avez toute la vie pour rigoler et toute la mort pour vous reposer ». L'opuscule a reçu en 2010 le Prix Montesquieu, remis à Bordeaux – le Trophée est une bouteille (de bordeaux) contenant une plume d’écrivain. Tout un symbole.
Gérard Foussier
Ein Lob auf den Wein
Der Schriftsteller François Rabelais (1494– 1553), der im frühen 16. Jahrhundert die französische Sprache durch gewagte Fantasie mit etlichen Wortschöpfungen anreicherte, soll einen 27-seitigen Text über Wein geschrieben haben. Nur: Das Original ist heute verschwunden. Geblieben ist eine deutsche Fassung von Johann Fischart aus dem Jahre 1585, die wiederum 1622 von Martin Kraus aus Krausenthal ins Tschechische übertragen wurde. Davon sind noch drei Exemplare bekannt, in Prag, Olmütz (Olomouc) und Innsbruck. Nach einer weiteren Übersetzung ins moderne Tschechische im Jahre 1995 wurde Marianne Canavaggio damit beauftragt, das kurze (und kurzweilige) Stück ins Französische zurückzuübersetzen – eine Herausforderung, die sie mit Bravour bestanden hat.
Red.



