Lebenslügen

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Leknisch, Karl
2013, Verlag am Park, Berlin, ISBN10: 3897933039

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Rezension / Compte rendu:
Lebendige Geschichte
Die Möglichkeiten, sich einzelnen Kapiteln der Geschichte anzunähern, sind vielfältig – vom Historischen Roman bis hin zu Zeitzeugenberichten. Unser Autor stellt fünf neuere Bücher vor, die die Heiligen Drei Könige, Napoleon, Deutschland nach dem Krieg und Europa zum Thema haben.

Une vie dans la peur
Karl Leknisch, mathématicien dans l'économie, né en 1943 à Dresde, a intitulé son ouvrage Lebenslügen (Mensonges de vie) et il s'en explique longuement. Car toute sa vie, banale a priori, a été marquée par le mensonge. Son père, artiste-peintre en formation, devenu policier pendant le Troisième Reich, avait été envoyé en Pologne, sans jamais revenir. Lorsque le jeune Karl, devenu citoyen est-allemand, doit être scolarisé, il suit les conseils d'un ami qui lui recommande de ne pas indiquer la véritable profession de son père décédé au combat. Il écrit donc « peintre », ce qui pour les autorités était synonyme de travailleur et lui ouvrira la porte de l'ABF, la faculté des travailleurs et paysans, avant des études d'ingénieur en Union soviétique, à Léningrad (redevenue Saint- Pétersbourg en 1991). A la suite d'une crise de nerfs, il sera renvoyé pour quelque temps à Dresde dans un établissement psychiatrique, mais il pourra terminer ses études et trouver un emploi de mathématicien à Moscou au sein du Conseil de l'aide économique, puis de statisticien à Berlin-Est, chargé de la mise en place des planifications du régime. Mais tout au long de sa carrière « est-allemande », Karl restera marqué par la panique et la persécution, il sera même enfermé pour plusieurs mois dans l'hôpital de la Charité. Tout au long de sa vie, il ne cessera de repenser à ce mensonge de jeunesse, par crainte que quelqu'un ne découvre la « tricherie ». Un problème très individuel auquel personne ne formulera de compréhension et de compassion après l'unité retrouvée de l'Allemagne en 1990. Finalement, il fera la connaissance d'une famille russe au Canada et parviendra petit à petit à remettre de l’ordre dans ses souvenirs, non sans avoir auparavant cherché (et trouvé au terme de longues recherches) son dossier dans les archiouvraves de la Stasi. La lecture des fiches montre que la police secrète est-allemande (si le dossier est bien complet) semble ne s'être intéressée qu'aux problèmes relativement anodins de logement, pourtant les mensonges y sont nombreux, comme si les officiers en quête de renseignements dans les auberges du quartier n'avaient eu pour recours que de faire preuve d'imagination en inventant de fausses situations.
Karl Leknisch (un pseudonyme, comme si son témoignage devait confirmer les mensonges et tricheries qui ont marqué sa vie) complète ses propres expériences en RDA, en Union soviétique et au Canada par des photos personnelles. L’une d’elles est même reprise en couverture : elle représente Marlene Dietrich, citoyenne américaine depuis 1939, lors d'un concert à Léningrad (l’année n’est pas précisée, mais vraisemblablement le concert a dû avoir lieu dans les années 60). Le jeune Karl, étudiant, avait eu l'idée d’offrir à la diva un livre de photos sur la RDA, mais le bref entretien se limitera à une expérience vécue devant une salle vide par la chanteuse et actrice à... Cologne, dans le cadre d'une tournée en Allemagne fédérale, au cours de laquelle, dit-elle, tous les billets avaient sûrement été achetés par d'anciens nazis qui lui reprochaient d'avoir chanté avec l'uniforme américain. Et si Marlene Dietrich ignorait l'existence de la RDA ? Karl Leknisch ose une interprétation : peut-être croyait-elle q'il s'agissait d'une enclave allemande en Union soviétique...
Gérard Foussier

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