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Mein Leben in der Politik

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Schröder, Gerhard
2006, Hoffmann und Campe, ISBN10: 3548369375

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Dieses Buch wurde rezensiert in der Ausgabe: Dokumente 6/2006 

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Ce livre a fait l'objet d'un compte rendu de lecture dans le numéro : Dokumente 6/2006 

Rezension / Compte rendu:
Les mémoires d'un chancelier

Tous les chanceliers allemands, sauf Ludwig Erhard, ont un jour publié leurs mémoires. Gerhard Schröder aura été le plus rapide de tous. Un an seulement après avoir été contraint de laisser son fauteuil à Angela Merkel, il publie sa « vie en politique » sous le titre « Décisions ». Le manuscrit, bien que livré en temps record, était attendu, surtout par ceux qui espéraient comprendre pourquoi le chancelier avait décidé en mai 2005 de provoquer des élections anticipées. Le titre, prometteur, a bien sûr entretenu le suspens, mais la déception n'en est aujourd'hui que plus grande. Gerhard Schröder a en effet choisi le ton de la modération, se contentant de lancer quelques piques contre l'aile gauche de son parti et contre les syndicats qui auraient freiné son élan de réformateur – un secret de polichinelle qui ne méritait pas 544 pages (y compris de nombreuses photos souvent superflues). L'ouvrage est surtout un bilan du passage de l'auteur à la chancellerie de 1998 à 2005. Il parle certes – rapidement – de sa jeunesse au lendemain de la guerre; de son demi-frère Lothar au chômage, avec lequel il a rompu à la suite de ses publications désobligeantes; de son père inhumé dans le cimetière d'un village de Roumanie, où il est tombé pendant la guerre; de sa mère et de ses sœurs; mais après une vingtaine de pages (y compris quatre pages de photos), il évoque déjà son engagement chez les Jusos, les jeunesses socialistes, en 1978 à l'âge de 30 ans. Quelques paragraphes plus loin, il raconte comment en 1983 il se porte candidat au poste de ministre-président de Basse-Saxe – sans succès. Le lecteur s'en rend vite compte: Gerhard Schröder n'a aucune intention de raconter sa vie privée, même si elle est dominée par la politique. Seule sa vie politique compte, surtout depuis 1998 et son arrivée à la chancellerie à la tête de la coalition rouge-verte. L'ancien chancelier se justifie plus qu'il n'analyse la situation intérieure et internationale, politique et économique. Son livre relativise une notion largement dévaluée dans le discours politique et dans la presse : celui du caractère historique des événements de l'actualité. Combien de fois le chancelier n'a-t-il pas lui-même qualifié dans ses interventions à l'étranger tel geste ou tel accord de moments historiques. De toute évidence, l'auteur est revenu à des interprétations plus nuancées et moins dithyrambiques en prenant sa plume. Aucun sommet franco-allemand n'est cité dans l'épais ouvrage, pas même la célébration du 40e anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée en janvier 2003 à Versailles, en présence des députés des deux pays, et à Berlin le lendemain pour l'inauguration de l'ambassade de France à deux pas de la Porte de Brandebourg. Il avoue son erreur de 1998, au début de son mandat, lorsqu'il croyait pouvoir compléter les relations franco-allemandes par une composante britannique. Il raconte dans le détail comment avec Jacques Chirac il s'est mis d'accord pour proposer le ministre-président de Bavière, Edmund Stoiber, à la présidence de la Commission européenne – ce que le Bavarois a refusé. Il dit sa fierté d'avoir été invité en 2004 aux commémorations du débarquement en Normandie et du soulèvement du ghetto de Varsovie, puis en 2005 à Moscou à celles de la capitulation allemande. Par contre, il rend un vibrant hommage à Brigitte Sauzay, à qui il demanda de devenir sa conseillère pour les relations franco-allemandes. Quelques détails sur les deux enfants qu'il a adoptés contrastent singulièrement avec la dominante politique du livre : l'un, Gregor, un an, est né, à un siècle d'intervalle le même jour que son père qu'il n'a jamais connu; l'autre, Viktoria, six ans, continue de téléphoner régulièrement à Jacques Chirac et selon Gerhard Schröder, ils s'entendent bien, alors qu'ils ne se comprennent pas. Il ne dit pas dans quelle langue ont lieu les conversations.
Gérard Foussier

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