2012, Buske, Hamburg 2012, ISBN10: 3875486129
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Rezension / Compte rendu:
Des mathématiques au langage
Une véritable encyclopédie sur les langues indo-européennes
Dès le 17e siècle, des linguistes ont supposé qu’ily avait une base commune entre le grec, le latin, le perse, les langues germaniques, slaves, celtes et baltes. A l’époque, le terme « indo-germanique » associait donc les langues parlées géographiquement depuis l’Allemagne jusqu’en Inde (y compris les langues considérées aujourd’hui commemortes). Ce n’est qu’en 1813 que l’indo-européen a remplacé l’indo-germanique, lorsque les langues celtiques ont été incluses dans cette famille linguistique – sauf en Allemagne, où l’expression préconisée depuis 1810 par un linguiste danois, qui écrivait en français, s’est imposée jusqu’à aujourd’hui.
Le plus surprenant dans l’épais ouvrage publié par Ernst Kausen sur l’histoire et l’évolution de ces langues indo-européennes, c’est peut-être la biographie de l’auteur : il a fait des études de mathématique, de physique et d’informatique, mais aussi d’égyptologie. Depuis 1982, il est professeur de mathématique et de théorie informatique à l’Ecole supérieure de technique de Gießen, tout en restant fidèle à une véritable passion : celle des langues, surtout lorsqu’elles obéissent à des lois « mathématiques » de logique, comme le latin ou le sanscrit. Avec un énorme souci de précision, Ernst Kausen, qui ne parle véritablement que l’allemand et l’anglais, mais est capable de lire et de comprendre des textes dans de nombreuses langues du continent européen, et qui s’est plongé dans l’étude des principales langues de l’Antiquité (latin, grec, hébreu, mais aussi égyptien, sumérien, élamite, akkadien, hittite et sanscrit), passe en revue les grammaires de ces langues indo-européennes.
Selon lui, la moitié des quelque 6 000 langues parlées dans le monde auront disparu au plus tard dans trois générations. Actuellement, une langue disparaît tous les dix jours statistiquement, à un rythme donc plus élevé que la disparition des espèces menacées dans le monde végétal et animal.
On ne résume pas un livre comme celui d’Ernst Kausen, qui concède dans son introduction l’avoir écrit en premier lieu pour lui-même, car c’est le type d’ouvrage qui lui a fait défaut lorsqu’il a commencé des études linguistiques. Mais cela ne suffit pas à justifier une telle publication. Le livre, une sorte de culture générale sur ce sujet et absente des bibliothèques et des programmes scolaires, s’adresse également au profane passionné par l’histoire des langues. Une phrase en dit plus que de longs commentaires : grâce à cet ouvrage, on constate que dans l’Inde lointaine plusieurs centaines de millions de personnes parlent des langues qui ont la même origine que la langue allemande.
Langues germaniques
On retiendra le chapitre sur les langues germaniques, parmi lesquelles on retrouve l’anglais et le frison, le vieux saxon ou encore l’afrikaans du côté occidental, l’islandais, le danois ou le suédois au Nord et trois langues mortes à l’Est. L’auteur rappelle que les Germains ont occupé de vastes territoires au milieu du premier siècle avant Jésus-Christ, les Goths seront poussés vers les steppes de la Mer Noire, puis chassés par les Huns vers l’Ouest aux 2e et 3e siècles de notre ère. Les Wisigoths créeront des empires dans le Sud de la France et en Espagne, les Ostrogoths en Italie, les Vandales en Afrique du Nord. Les Germains de la Mer du Nord influenceront l’évolution linguistique des îles britanniques. L’essentiel du vocabulaire germanique est d’origine indo-européenne, notamment celui ayant trait aux parties du corps, aux relations familiales, à l’habitat et à l’élevage. Certains vocables n’existent pas ou peu dans les autres langues indo-européennes, c’est le cas surtout pour le vocabulaire de la navigation, de certains animaux et du contexte social et militaire.
La langue allemande elle-même a connu plusieurs étapes, depuis le vieux haut-allemand (de 750 à 1050) jusqu’au moyen haut-allemand (1050-1350) et au nouveau haut-allemand (depuis 1350), marqué par la littérature et les premiers livres de grammaire avant l’apparition d’une orthographe réglementée (Konrad Duden en 1880). A l’influence italienne entre le 14e et le 16e siècle (Konto, Kredit, Kapital, Kanone, Kaserne) a succédé celle de l’anglais depuis le milieu du 19e, renforcée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans les domaines de la technologie, de l’électronique, des communications de masse, de la publicité et du divertissement. L’allemand est parlé aujourd’hui par environ 105 millions de personnes dans le monde et, selon les statistiques de l’Union européenne, par 55 millions d’Européens qui considèrent l’allemand comme leur seconde langue.
Un chapitre est consacré tout particulièrement à la langue de Pennsylvanie (Pennsylvania Dutch), parlée essentiellement aux Etats-Unis depuis l’émigration du Palatinat à partir de 1683 avant la guerre d’indépendance (1775-1783) : elle est comprise par 250 000, peut-être 300 000 personnes dans une vingtaine d’Etats américains, dans le Sud de l’Ontario (Canada), ainsi que dans plusieurs contrées d’Amérique centrale et latine.
Quant au yiddish, apparu au 15e siècle sur la base de dialectes du moyen haut-allemand sous l’influence de langues slaves, lorsque les juifs ont été poursuivis au 15e siècle, il a la particularité d’avoir des formes linguistiques standardisées et une écriture normée sur la base de l’alphabet hébreu. Jusqu’au 20e siècle, le yiddish a été la langue courante parlée quotidiennement surtout en Europe de l’Est, mais aussi au sein de la diaspora juive dans le monde entier. On estime de 11 à 13 millions le nombre de personnes parlant le yiddish avant l’Holocauste. Ils n’étaient plus qu’environ 5 millions en 1979, parmi eux les survivants de la Shoah. Aujourd’hui, cette langue est parlée dans les grandes métropoles comme New York, Montréal, Mexico, Buenos Aires ou Melbourne, en Europe à Anvers, Londres, Manchester et Paris, et bien sûr en Israël où elle enregistre une certaine renaissance.
Isolées des autres ethnies germaniques, les peuplades de l’Est ont connu une évolution individuelle de leurs langues, seul le gotique a laissé quelques traces, les autres n’ont subsisté que dans des noms de personnes et de lieux.
Conçu pour un large public, cet ouvrage de linguistique comparative n’est pas d’une lecture facile. L’auteur a malgré tout fait un effort tout particulier pour permettre au lecteur de faire les classifications nécessaires dans cette grande famille de langues indo-européennes, où les innombrables ramifications traduisent la complexité du monde.
Jérôme Pascal
Eine große Familie
Die etwa 300 indogermanischen Sprachen, die heute weltweit von mehr als drei Milliarden Menschen gesprochen werden, bilden die größte Sprachfamilie der Welt. Zur ihr gehören zum Beispiel die germanischen, keltischen, romanischen, baltischen, slawischen, iranischen und indoarischen Sprachen, aber auch Einzelsprachen wie Albanisch, Griechisch und Armenisch.
Mit seiner umfangreichen Studie liefert Ernst Kausen, Professor für Mathematik, Physik und Informatik, ein Nachschlagewerk für Fachwissenschaftler linguistischer Disziplinen und sprachinteressierte Laien, das einen Zugang zu Historie und Gegenwart der indogermanischen Sprachen ermöglicht. Der Autor analysiert auch Kurzgrammatiken ausgewählter Einzelsprachen.
Red.



