Das Fernseh-Lexikon

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Reufsteck, Michael; Niggemeier, Stefan
2005, Goldmann Verlag, ISBN10: 3941653032

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Ce livre a fait l'objet d'un compte rendu de lecture dans le numéro : Documents 2/2006 

Rezension / Compte rendu:
Un phénomène de société

Encore un dictionnaire ? Celui-ci tient son originalité dans une rétrospective sans précédent : plus de cinquante années de télévision en Allemagne. L'ouvrage est épais, bien illustré, riche en anecdotes. Le lecteur, qui peut se demander parfois à quoi peut bien lui servir de savoir quels films ou quels feuilletons ont été diffusés et à quelle date, se consolera rapidement en découvrant les articles consacrés à l'histoire de quelques chapitres mythiques de la télévision allemande. Les deux auteurs, journalistes spécialistes des médias, sont de véritables accros de la télé : Michael Reusteck affirme avec humour qu'il adore le beau temps, car la pluie fait trop de bruit sur les vitres, lorsqu'il regarde la télévision ; et Stefan Niggemeier confesse qu'il souffre aujourd'hui encore de la sévérité de ses parents, qui l'envoyaient au lit avant la fin d'une émission de jeux très populaire en Allemagne. Ces deux clins d'œil révèlent bien l'évolution des mœurs. Ce n'est pas sans une certaine nostalgie en effet que les téléspectateurs (allemands) retrouveront dans cet ouvrage leurs émissions préférées, films ou variétés, jeux ou reportages sportifs. Au-delà de la seule énumération et des statistiques, le lecteur retrouve dans ce dictionnaire les chapitres d'une longue histoire passionnante, depuis les balbutiements de la télévision en 1952, presque dans l'anonymat, jusqu'au phénomène de société qu'elle représente aujourd'hui, sans que l'on puisse dire combien de chaînes publiques et privées ou combien d'heures de diffusion quotidienne sont mises désormais à la disposition du consommateur. Cette description minutieuse en dit long sur les modes qui passent, sur les habitudes et les préférences des téléspectateurs, sur la manière aussi de regarder la télé, jadis en famille le soir devant un petit écran noir-et-blanc encastré dans un meuble de salon, aujourd'hui à toute heure du jour et de la nuit avec un téléviseur couleurs dans chaque pièce, du salon à la cuisine, de la cave au grenier.
Ce phénomène de société incontournable (ou presque, puisque seuls quelques réfractaires résistent encore) illustre sur plus d'un demi-siècle le comportement des Allemands, usant et abusant de la télévision aussi bien devant que derrière la caméra. Sujet quasi quotidien de discussion au bureau, dans la famille, dans les journaux, les programmes de télévision ne laissent personne indifférent : ils informent, distraient, provoquent. Sans la télé, pas de campagne électorale digne de ce nom, plus d'échanges d'opinion autres que ceux du Café du commerce, plus de sport de masse en-dehors des stades, plus de cinéma en-dehors des salles, plus d'ouverture sur le monde en-dehors du tourisme. Le dictionnaire de la télévision informe sur plus de 7000 émissions diffusées depuis 1952. La plus ancienne, réalisée depuis les studios de Hambourg, proposait des photos et des séquences d'actualité mondiale, telles qu'on pouvait encore les voir pendant les séances de cinéma avant la projection du film principal.
Lorsque la télévision allemande voit le jour le 26 décembre 1952, les rares téléspectateurs pouvaient suivre un bulletin d'information de 15 minutes, trois fois par semaine. Il faudra attendre 1956 pour que le journal soit aussi diffusé le dimanche. Cet exemple suffit à montrer le chemin parcouru en cinquante ans. Les téléspectateurs français qui assimilent souvent la télévision allemande aux feuilletons repris avec succès sur les chaînes françaises retrouveront dans cet épais dictionnaire l'historique de ces séries. Tous les commissaires des 600 « Tatort » (depuis 1970) par exemple y sont présentés, « Derrick » a été produit 281 fois de 1974 à 1998, mais n'a connu qu'un seul inspecteur de police (Stefan Derrick), présenté parfois à l'étranger comme le portrait de l'Allemand typique. « Un cas pour deux » a connu deux avocats en 200 épisodes, mais son détective Josef Matula est resté fidèle pendant toute la production depuis 1981. Un dictionnaire, où l'utile côtoie l'inutile. Un ouvrage de référence.
Gérard Foussier

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