Der neue Kapitalismus.

Republik im Wandel.

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Hanke, Thomas
2006, Campus-Verlag, ISBN10: 3593377756

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Ce livre a fait l'objet d'un compte rendu de lecture dans le numéro : Documents 3/2006 

Rezension / Compte rendu:
Nouvelles définitions

Dès sa préface, l'auteur donne le ton : l'économie allemande est en décrépitude, la société n'est pas capable de se moderniser, le modèle allemand n'a plus de modèle que de nom – cela, c'est ce que l'on peut lire à longueur de pages dans les journaux, Thomas Hanke s'inscrit en faux contre ces affirmations. Au contraire, dit-il, l'Allemagne est depuis quelques années dans une phase de profonds changements et pour appuyer sa thèse, il livre dans son ouvrage de nombreux exemples de ce « nouveau capitalisme allemand », qui agite aussi bien le monde de l'économie que celui de la politique. Thomas Hanke est journaliste à Berlin pour le très sérieux journal économique « Handelsblatt ». Il a collaboré auparavant à l'hebdomadaire      « Die Zeit » et au « Financial Times Deutschland ». Son message est clair : l'Allemagne connaît certes une crise économique, comme bien d'autres pays, mais ce n'est pas une crise de stagnation, comme certains aimeraient le faire croire, c'est une crise de croissance. Selon lui, beaucoup ont oublié ces dernières années que l'Allemagne n'était pas seulement un système social, elle a aussi une des économies les plus performantes du monde. La République évolue sans devenir un clone du modèle anglo-saxon. Avant l'unification de l'Allemagne, politiques, banques, syndicats, patronat et entreprises essayaient de définir, ensemble, l'économie du pays. Avec l'unité, ce corporatisme, cette forte participation si typiquement allemande aux décisions politiques, ne fonctionne plus, le consensus n'est plus le maître mot. L'Allemagne mise désormais sur la démocratie des actionnaires et non plus sur les arrangements des conseils de surveillance, qualifiés aussi parfois de manigances.
La lecture est dense, parfois complexe pour le néophyte. L'argumentation est plausible, la liste des changements que connaît l'Allemagne est impressionnante, mais quiconque lit chaque jour dans son journal les chiffres du chômage a tout de même du mal à voir dans cette métamorphose une marque de succès, aussi flagrante que le miracle économique des années 60, même si cette expression est souvent contestée.
Ce qui est particulièrement intéressant pour qui ne maîtrise pas le vocabulaire des milieux économiques, ce sont les exemples choisis par l'auteur pour donner « sa » définition de concepts, repris dans le langage de tous les jours, sans que l'on sache toujours vraiment ce que ces mots veulent dire. Par exemple, la « Deutschland AG », cette « Société anonyme Allemagne » citée depuis des années comme un modèle de réseau associant banques, industrie et fédérations de l'économie allemande. Ou encore le       « Standort », la « New Economy », la Société civile. Autant de notions qui peuvent donner l'impression que l'Allemagne piétine à la recherche d'une révolution en préconisant de petites réformettes ici et là, à mi-chemin entre un capitalisme modéré de l'Europe continentale et un capitalisme anglo-saxon fortement orienté sur le marché. D'aucuns ont parfois l'impression que tout est remis en question à cause de la mondialisation et de l'unification européenne, que ce soit les rapports entre patrons et ouvriers, les étroites interactions entre les entreprises, le rôle des banques ou la connivence politico-économique. Tout cela crée des malaises: les organisations syndicales ne savent plus vraiment ce qu'elles doivent recommander à leurs adhérents et ont le sentiment d'être influençables; quant aux grandes formations politiques, elles se demandent comment elles peuvent encore associer les objectifs classiques de l'Allemagne, qui ont toujours été la croissance et la défense des intérêts. D'importants changements ont été opérés ces dernières années en Allemagne, qui, mis bout à bout et sans choc douloureux à la Britannique, ont bouleversé doucement les traditions, comme si l'Allemagne cherchait des adaptations marginales au nouveau standard international dicté par la mondialisation, pendant que d'autres pays réformaient leurs structures politiques de fond en comble et que des systèmes sociaux et fiscaux étaient modernisés. Pour défendre sa thèse, Thomas Hanke, qui s'en prend aux détracteurs de la mondialisation, évoque la théorie libérale des avantages comparatifs, selon laquelle tous les pays tireraient un avantage de la coopération internationale, car ils accèdent ainsi à un degré de prospérité supérieur à ce que peut réaliser une économie enfermée sur elle-même. L'Allemagne de 2006 n'est plus celle de 1986 et le chapitre sur l'internationalisation des entreprises est une réponse précise à tous ceux qui en douteraient encore. Entre ceux qui craignent des changements trop profonds et trop douloureux et ceux qui estiment que l'Allemagne ne va pas assez loin dans sa volonté de réforme, l'auteur se contente de faire le bilan des transformations importantes et de décrire les mythes d'une société, qui ne cesse de parler du miracle économique et de mai 68. A cette époque, note Thomas Hank, l'Allemagne n'avait pas besoin de patriotisme, le nationalisme   « deutschemark » et la Bundesbank suffisaient pour s'imposer face à des pays à monnaie faible, qui n'aimaient pas forcément l'Allemagne, mais qui la respectaient. Aujourd'hui, les nouveaux mythes allemands sont différents: d'un côté, il y a ceux qui voient dans le grand capital un danger destructeur pour la dignité humaine; de l'autre, il y a l'Europe avec deux anciens ennemis héréditaires qui ne jurent que par leur amitié pour permettre une vie enfin sans guerres, sur un continent qui n'a jamais connu de périodes de paix et de prospérité aussi longues.
Jérôme Pascal

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Der neue Kapitalismus.