La libération de l’Alsace

Septembre 1944 – mars 1945

Autor/Hrsg Auteur/Editeur: Riedweg, Eugène
2014, Tallandier, Paris, ISBN10: B00O28BS4S

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Rezension / Compte rendu:
Six mois pour libérer l’Alsace

Docteur en histoire, qui avait publié en 1995 Les Malgré Nous : histoire de l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans dans l’armée allemande, Eugène Riedweg dresse un tableau complet et objectif du dernier chapitre de la Guerre mondiale en territoire français. Alors que la libération de la France s’est effectuée en trois mois, il en a fallu le double pour libérer l’Alsace. En effet, pour Hitler, il n’était pas question d’abandonner cette terre duReich et ses armées se sont battues avec détermination. De septembre 1944 à mars 1945, les Alliés ont accumulé les difficultés : manque de logistique, hiver rigoureux, stratégie du front défaillante. Pour Eisenhower, l’Alsace en effet ne représentait pas un objectif stratégique, pour lui l’invasion de l’Allemagne devait s’effectuer par le Nord, seul importe le nord de l’Alsace qui permet d’envahir le Palatinat et ainsi de soutenir l’offensive générale alliée en direction de la Sarre et de la Ruhr. Pour Eisenhower, sa libération doit en grande partie être laissée aux Français. L’opération fut menée par le 6e groupe d’armée américain du général Devers, constituée de la 7e armée américaine et de la 1ère armée française. Or Eisenhower ne s’entendait pas du tout avec le général Devers qui préparait une opération de franchissement du Rhin en novembre 1944. Obligé de réorienter son angle d’attaque vers le nord pour soutenir Patton, il empêche la réduction de la poche de Colmar qui s’est formée entre les deux offensives et qui ne pourra être éliminée qu’en février 1945. En janvier 1945, Eisenhower ordonna même d’abandonner Strasbourg et toute l’Alsace, ce à quoi s’opposa avec énergie le général de Gaulle. Cependant, le rôle déterminant joué par les Américains en février 1945 dans la libération de l’Alsace a été occulté pendant près de 70 ans par les récits des libérations de Mulhouse et de Strasbourg par la 1ère armée et la 2e division blindée. Sans minimiser le rôle de ces dernières, ce sont les divisions américaines qui ont joué le rôle principal, ce qui a fait l’objet que de très peu d’écrits en France.
Eugène Riedweg accorde une place particulière à la résistance alsacienne, qui s’est développée à l’écart de la française. C’est elle qui mit en place les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), au moment même où ceux-ci sont dissoutes dans le reste de la France. Les FFI d’Alsace vont jouer un rôle important pendant plusieurs mois aux côtés des armées française et américaine ne seront dissoutes qu’en février 1945. L’intégration des FFI dans l’armée française après la libération de l’Alsace est ainsi l’occasion pour l’armée française de passer d’une armée de type colonial à une véritable armée nationale. La libération de l’Alsace n’a pas donné lieu aux scènes de liesse et d’enthousiasme qu’on a pu constater en France, écrit l’auteur, mettant ainsi cette région (involontairement) dans une catégorie à part.
Depuis, les Alsaciens commémorent leur libération et honorent leurs libérateurs. Heureusement les temps ont changé : pour le 60e anniversaire de la libération de Mulhouse, c’est un colonel allemand qui commandait la prise d’armes de la brigade allemande.
Eugène Berg

Das Ende des Zweiten Weltkriegs im Elsass
Die Befreiung Frankreichs hat drei Monate gedauert, die Befreiung des Elsass doppelt so lange (von September 1944 bis März 1945). Der promovierte Historiker Eugène Riedberg erinnert in einem 2014 erschienenen Buch an die
genauen Umstände.
Red.

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La libération de l’Alsace